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La sortie d’un cadre RN sur l’Ukraine déclenche une offensive générale contre Marine Le Pen

La proposition de Louis Aliot de couper les aides à Kiev a déclenché une vague de critiques contre la cheffe du RN. Entre accusations de servir Poutine et…

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La sortie d'un cadre RN sur l'Ukraine déclenche une offensive générale contre Marine Le Pen

La proposition de Louis Aliot de couper les aides à Kiev a déclenché une vague de critiques contre la cheffe du RN. Entre accusations de servir Poutine et règlements de comptes sur le passé, la bataille présidentielle se tend.

Tout est parti d’une phrase lancée par un proche de Marine Le Pen. Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national et maire de Perpignan, a repris à son compte l’idée de fermer le robinet financier vers Kiev. Selon lui, la France n’a plus les moyens d’envoyer des armes alors que l’hôpital, l’école et l’économie sont exsangues. Sa question restée en boucle dans le débat public est simple. Qui paye, au fond, cette facture ?

La réponse des adversaires de Marine Le Pen ne s’est pas fait attendre. Édouard Philippe, qui rêve de l’affronter au second tour, a lancé un verdict cinglant. Couper l’aide à l’Ukraine, c’est rendre service à la Russie. Il a ajouté que la cheffe de l’extrême droite pouvait réécrire ses discours sur Moscou, personne n’oublierait ses liens avec le Kremlin. Gabriel Attal, lui, a parlé d’un « parti de l’étranger ». Abandonner Kiev, a-t-il insisté, reviendrait à offrir la victoire à Vladimir Poutine et à prouver que la parole de la France ne vaut rien.

Marine Le Pen a riposté avec une violence sèche. Le bilan international d’Édouard Philippe serait aussi piteux que son bilan économique et budgétaire. Elle l’a accusé de colporter des calomnies et lui a rappelé quelques souvenirs. Vladimir Poutine a été reçu avec faste à Versailles, puis au fort de Brégançon, quand Philippe dirigeait Matignon. L’ancien Premier ministre a même accueilli son homologue russe Dmitri Medvedev au Havre en 2019. De quoi retourner, selon elle, l’accusation de complaisance envers Moscou.

Pas simple, pourtant, de faire oublier son propre passé. Marine Le Pen a elle-même été reçue au Kremlin en 2017. Elle a longtemps affiché des positions jugées très proches de Poutine et contracté un prêt auprès d’une banque russe. Aujourd’hui, elle assure plaider pour une grande conférence de paix et un règlement diplomatique depuis le début de l’agression russe. Jordan Bardella, le patron du parti, a visiblement tenté de calmer le jeu. Il promet que la France respectera ses engagements internationaux si le RN arrive au pouvoir. Mais il ajoute que rien n’est interdit pour l’avenir et dresse un constat sévère. La France serait ruinée, et les Américains auraient eu l’intelligence de garantir leur aide sur les terres rares.

À gauche, les réactions vont dans le même sens, même si le clivage affleure. Olivier Faure assure que le RN préférera toujours Poutine à la résistance ukrainienne. Raphaël Glucksmann met en garde contre un parti de la capitulation qui ne doit pas gouverner en 2027. Jean-Luc Mélenchon, lui, dit vouloir tenir les engagements de la France, tout en jugeant très imprudent d’autoriser l’Ukraine à frapper en profondeur sur le territoire russe. Il rappelle que la Russie doit sortir d’Ukraine, mais rêve à terme de la ramener dans la famille européenne. La polémique ne fait que commencer.

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