Politique
Trois milliards contre les violences sexistes, la ministre assure que cette somme ne fera pas échouer le
Une loi présentée comme indispensable contre les violences sexuelles, une facture de trois milliards d’euros. La ministre responsable du dossier écarte…


Une loi présentée comme indispensable contre les violences sexuelles, une facture de trois milliards d’euros. La ministre responsable du dossier écarte tout blocage.
On parle de trois milliards d’euros et certains auraient pu y voir une raison de ralentir. C’est tout l’inverse qui se dessine. Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a balayé l’argument d’un revers de la main. Cette enveloppe, estimée par les parlementaires pour la période 2027-2032, ne doit pas devenir un frein. Elle en fait une question de volonté politique. « Ça ne sera pas un blocage », a-t-elle lancé. Le projet de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles poursuit donc sa route. Il passe d’abord en commission spéciale lundi à l’Assemblée nationale, avant d’être débattu dans l’hémicycle au début du mois d’octobre.
Reste la question de l’argent. Aurore Bergé assure que son propre budget sera nettement plus généreux en 2027. Il en va de même pour les ministères de la Justice, de l’Intérieur et de l’Éducation nationale. Ces trois secteurs sont en première ligne pour détecter les violences, recueillir la parole des victimes, lancer des enquêtes et sanctionner les auteurs. Sans eux, cette loi resterait une coquille vide.
Le nom « intégrale » n’est pas un mot en l’air. Le texte veut agir sur toute la chaîne, de la prévention jusqu’au jugement. C’est une approche globale qui sort de l’ordinaire. Derrière ce projet, on trouve un travail collectif mené par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez avec des associations de défense des droits des femmes et des enfants. Ce travail a débouché sur 69 articles. Il s’appuie lui-même sur 140 propositions élaborées sur le terrain.
L’actualité a donné à cette loi un écho particulier. La mort de Lyhanna, une collégienne retrouvée sans vie en juin, a bouleversé le calendrier politique. Chaque lundi, des rassemblements se tiennent devant les tribunaux et devant le ministère de la Justice pour réclamer une réponse à la hauteur. Le texte arrive dans ce contexte de colère et d’attente. Aurore Bergé reconnaît que le chemin fut long et salue celles et ceux qui, depuis des années, portent ce combat. Elle juge essentiel d’améliorer la détection et le repérage des victimes.
Certaines avancées du texte sont particulièrement fortes. L’article 19 en fait partie. Il permet de qualifier l’inceste de crime autonome, et élargit cette définition aux cousins. C’est une brèche dans un sujet longtemps resté caché, au cœur des familles. Cette disposition pourrait changer profondément la manière dont la justice aborde ces situations.
Le calendrier n’est pas encore gravé dans le marbre. Le rendez-vous prévu pour la fin septembre a été décalé au début d’octobre. La ministre promet que cette loi sera le seul texte examiné avant le budget, avec le temps nécessaire. L’adoption est visée avant la fin du quinquennat. Elle parie aussi sur la raison des autres groupes politiques. Personne, dit-elle, n’a intérêt à déposer des milliers d’amendements pour retarder le vote et personne ne comprendrait une telle obstruction. Reste à voir si les promesses budgétaires suivront, une fois le texte adopté.
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