Monde
Tesla lance son robotaxi sans volant et l’agence de sécurité américaine ouvre une enquête immédiate
Le Cybercab de Tesla a commencé à rouler à Austin sans volant ni pédales. Mais le régulateur fédéral américain n’a pas tardé à réagir et veut comprendre…


Le Cybercab de Tesla a commencé à rouler à Austin sans volant ni pédales. Mais le régulateur fédéral américain n’a pas tardé à réagir et veut comprendre comment le constructeur a pu certifier un tel véhicule.
Tesla n’a pas attendu le feu vert des autorités pour lancer son service de taxi autonome. Mercredi 3 septembre 2026, un petit nombre de Cybercab a commencé à transporter des passagers dans un périmètre très restreint d’Austin, au Texas. Ce véhicule au design de coupé, sans volant ni pédales, devait incarner l’avenir du robotaxi. Mais dès le lendemain, la NHTSA, l’agence fédérale de sécurité routière, a ouvert une enquête pour comprendre comment Tesla a pu s’auto-certifier conforme aux normes en vigueur.
Le cœur du problème est simple. La réglementation américaine impose encore la présence d’un volant et de pédales pour toute exploitation commerciale d’un véhicule. Seule une exemption permet d’y déroger, comme celle obtenue par Zoox, la filiale d’Amazon, fin juillet. Tesla, elle, n’en a pas demandé. À la place, le constructeur a notifié lui-même que ses Cybercab respectaient toutes les normes fédérales de sécurité des véhicules à moteur. Mais le régulateur prévient que tant que son examen réglementaire n’est pas terminé, les standards actuels restent applicables. Et quand des véhicules auto-certifiés semblent ne pas les respecter, l’agence mène une enquête. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui.
Le lancement commercial n’en reste pas moins réel. Tesla a organisé jeudi soir un événement privé, sans retransmission en direct sur internet, une habitude pourtant bien ancrée chez le constructeur. Les invités triés sur le volet ont pu découvrir le service dans une zone très limitée d’Austin, où se trouve le siège de Tesla. Selon les données compilées par FSD Database, le Texas comptait jeudi matin 314 robotaxis immatriculés, dont 45 Cybercab. L’agence fédérale, elle, estime la flotte actuelle de Cybercab à environ un millier d’exemplaires. Une différence de taille qui interroge sur la réalité du déploiement et sur les intentions de Tesla, qui prévoit d’étendre progressivement le service à d’autres villes et avec davantage de véhicules.
Le chemin jusqu’à ce lancement a pourtant été long. Le Cybercab avait été dévoilé en grande pompe dans un studio de Hollywood en octobre 2024, avec sa silhouette argentée et dorée de petit coupé futuriste. Mais à l’époque, le véhicule n’était pas finalisé. Tesla a donc d’abord utilisé ses SUV Model Y équipés du logiciel de conduite autonome pour proposer des services de robotaxi dès juin 2025. Austin a servi de terrain d’expérimentation, avec un périmètre restreint et des clients sélectionnés. Puis le service s’est ouvert au grand public et a été étendu à d’autres villes américaines comme Orlando, Miami, Dallas, Houston ou San Francisco. Désormais, les clients d’Austin pourront choisir à la commande via l’application entre un Cybercab, limité à deux passagers, et un Model Y, qui peut en accueillir quatre.
Elon Musk, le patron de Tesla, a vanté jeudi sur son réseau social les mérites de la nouvelle voiture, la décrivant comme un simple salon confortable sur roues avec une grande télévision et un son remarquable. Un argument de confort qui séduit certains utilisateurs. Sawyer Merritt, un influenceur proche de la marque, a affirmé vendredi matin qu’une course en Cybercab lui avait coûté 9,65 dollars, contre 21 dollars avec Uber et 16,99 dollars en robotaxi Model Y. Mais cette promesse de prix cassés ne suffit pas à rassurer les autorités.
Jonathan Morrison, administrateur de la NHTSA, assure que son agence soutient vigoureusement un développement et un déploiement sécurisés des véhicules autonomes. Il plaide pour une approche équilibrée entre l’innovation et la supervision sécuritaire. Une position d’autant plus délicate que l’agence travaille depuis un an à une refonte des normes pour tenir compte des nouvelles technologies, notamment sur les pédales de frein, les essuie-glaces, les éclairages ou les rétroviseurs. Mais le temps de la réglementation n’est pas celui de l’industrie. Et en attendant, les règles existantes s’appliquent toujours.
Pour les curieux qui observaient depuis des semaines des Cybercab garés dans les parkings ou circulant en ville, le lancement officiel n’est pas une surprise. Les réseaux sociaux étaient déjà remplis de signalements. Mais l’enquête qui s’ouvre maintenant pourrait bien freiner l’ambition de Tesla. Le constructeur avance à toute vitesse dans un cadre réglementaire qu’il considère probablement comme obsolète. Le régulateur, lui, veut avant tout comprendre sur quelles données techniques Tesla s’est appuyé pour certifier son véhicule sans volant. Une question essentielle pour la sécurité des passagers et celle des autres usagers de la route.
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