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Au Yémen, plus de 120 morts en 48 heures autour d’un détroit vital pour le commerce mondial

Les troupes gouvernementales et les rebelles houthis se sont affrontés pendant deux jours près de Bab el-Mandeb. Ce bilan est le plus lourd depuis des…

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Au Yémen, plus de 120 morts en 48 heures autour d'un détroit vital pour le commerce mondial

Les troupes gouvernementales et les rebelles houthis se sont affrontés pendant deux jours près de Bab el-Mandeb. Ce bilan est le plus lourd depuis des années.

Le Yémen vient de traverser l’un de ses épisodes les plus sanglants depuis des années. En 48 heures, plus de 120 personnes ont été tuées dans des combats entre les forces loyalistes et les rebelles houthis. L’affrontement s’est concentré autour de Bab el-Mandeb, ce passage étroit qui sépare la péninsule Arabique du continent africain.

Ce détroit n’a rien d’un simple point sur une carte. Il constitue une porte d’entrée majeure vers le canal de Suez pour les navires qui relient l’Asie à l’Europe. Sa valeur a encore grimpé depuis que l’Iran a verrouillé l’autre grande voie maritime de la région, le détroit d’Ormuz. Pour l’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, Bab el-Mandeb est même devenu l’une des dernières routes maritimes encore accessibles. Les Houthis, soutenus par Téhéran, veulent s’emparer des hauteurs qui dominent ce passage afin de pouvoir viser les navires en contrebas. Leur offensive vise aussi à isoler la ville de Mokha, proche du détroit. Une fois ce secteur sous leur contrôle, ils espèrent aborder les négociations avec le gouvernement yéménite et les Saoudiens dans une bien meilleure position.

Le camp loyaliste n’a pas attendu pour réagir. Des renforts ont été dépêchés depuis Aden, où le pouvoir a trouvé refuge, à la demande de Ryad. Le coût humain est très lourd des deux côtés. Au moins 66 soldats et alliés du gouvernement sont morts, tandis que les Houthis ont perdu au moins 62 des leurs. Un civil a aussi été tué. Aucun des deux camps n’a pour l’instant communiqué de bilan officiel.

Cette flambée s’inscrit dans une guerre qui ravage le Yémen depuis 2014. Les rebelles contrôlent la capitale Sanaa et de larges portions du territoire. Une trêve était entrée en vigueur en 2022, mais le pays a replongé en juillet. Il s’est ainsi retrouvé pris dans le conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Depuis, les Houthis ont multiplié les attaques contre des sites militaires et des installations saoudiennes, dont une raffinerie. Ils ont aussi visé des navires en mer Rouge, ce qui a forcé beaucoup de compagnies à contourner l’Afrique pour rejoindre l’Europe. Aujourd’hui, la menace pèse directement sur un point névralgique du commerce mondial.

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