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Après les annulations en série, les festivals réclament un cadre national

Le spectacle vivant sort d’un été éprouvant, marqué par des décisions d’annulation à répétition et des coûts qui grimpent. Les organisateurs veulent des…

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Après les annulations en série, les festivals réclament un cadre national

Le spectacle vivant sort d’un été éprouvant, marqué par des décisions d’annulation à répétition et des coûts qui grimpent. Les organisateurs veulent des règles du jeu claires avant les prochaines saisons.

Solidays est tombé quelques heures avant l’ouverture prévue le 26 juin, sur demande de la préfecture de police de Paris. Chambord Live a perdu ses trois soirées le même jour, par arrêté préfectoral. Les autorités parlaient sécurité du public face à un épisode de canicule prolongé, avec des secours et des hôpitaux déjà sous tension. Garorock, le Son Continu et Léz’arts de Loire ont aussi été secoués par des fortes chaleurs ou des orages. Certains rendez-vous n’ont survécu que partiellement. Personne n’est sorti épargné.

Le plus difficile reste à entendre pour les professionnels. Pendant que des festivals tombaient, des événements sportifs se sont déroulés sur les mêmes week-ends à risque. Une disparité qui passe très mal. Malika Seguineau, directrice générale du syndicat Ekhoscènes, fustige une politique qui continue de réagir à la crise plutôt que de l’anticiper. Les équipes du spectacle vivant demandent simplement à être traitées comme les autres secteurs.

Les festivals ne sont pas restés passifs. Beaucoup ont développé leurs propres protocoles de crise, rappelle Alexandra Bobes, directrice du réseau France Festivals. Cette année, la chaleur a poussé les équipes à des parades de fortune. Des canons à eau au Hellfest, des équipes pour faire boire le public aux Francofolies, des bracelets capables de détecter un coup de chaleur aux Nuits de Fourvière. Golden Coast a même interdit la cigarette devant ses 75 000 spectateurs pour éviter les incendies. Les solutions existent, mais elles restent artisanales et inégales.

Désormais, l’urgence est de passer à l’échelle nationale. Les regards se tournent déjà vers 2027 et personne ne veut recommencer dans la précipitation. Le secteur doit se réunir avec le ministère de la Culture pour bâtir un protocole commun. Les organisateurs veulent un cadre clair, stable et connu à l’avance pour pouvoir construire leurs éditions sereinement. Pas question pour autant de bouleverser le calendrier. Quarante pour cent des festivals ont lieu l’été, et le printemps comme l’automne ont déjà leurs rendez-vous. Déplacer les dates ne ferait que déplacer le problème, prévient Alexandra Bobes.

Reste l’autre gros point noir, celui des assurances. Les primes sont calculées en pourcentage du budget engagé et pourraient flamber après une année aussi risquée. Or le secteur part déjà de loin. Selon le Centre national de la musique, deux festivals sur trois étaient déficitaires en 2024. Les financements publics baissent, les coûts techniques explosent et la marge pour augmenter les billets reste mince si l’on veut garder des publics variés. Les organisateurs s’inquiètent de voir leurs événements devenir inassurables, ou alors à un prix impossible à tenir. Ces questions seront au cœur du forum de France Festivals fin septembre à Amiens. Le milieu attend des réponses concrètes pour ne plus revivre un tel été.

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