Faits Divers
Sara Duterte paie sa caution et affronte Marcos sans baisser les yeux
Menacée d’arrestation à Manille, la vice-présidente philippine a comparu volontairement et versé près de 5 000 euros pour rester libre. Elle dénonce un…


Menacée d’arrestation à Manille, la vice-présidente philippine a comparu volontairement et versé près de 5 000 euros pour rester libre. Elle dénonce un harcèlement policier et joue son avenir politique.
Sara Duterte a traversé le tribunal de Manille samedi sans menottes ni escorte musclée. Elle venait d’elle-même répondre au mandat d’arrêt lancé contre elle, la veille, pour des menaces de mort visant le président Ferdinand Marcos. Son avocat Lawrence Lim l’a rappelé calmement. Puisqu’elle s’est présentée volontairement, les policiers n’avaient aucune raison de l’interpeller. À sa sortie, la vice-présidente a brandi une ordonnance confirmant le paiement d’une caution en espèces de 360 000 pesos, soit environ 4 945 euros.
Mais derrière ce geste administratif se cache une peur bien réelle. Avant d’entrer dans le bâtiment, la fille de l’ancien dictateur Rodrigo Duterte a confié aux journalistes ses inquiétudes pour sa propre vie. « Je ne veux pas payer cette caution si personne ne surveille », a-t-elle lâché, affirmant être harcelée par la police. Puis cette question glaçante. « Vont-ils me jeter en prison et, une nuit, je mourrai dans mon sommeil ? » Des propos qui en disent long sur le climat délétère qui règne au sommet de l’État philippin.
L’affaire remonte à un discours public où Sara Duterte a affirmé avoir engagé un tueur à gages pour assassiner le président Marcos, son épouse et un ancien député, au cas où elle serait elle-même tuée. Elle a ensuite répété que ses mots avaient été déformés. Trop tard. La justice l’a inculpée pour « menaces graves », un délit passible de six mois de prison. Ses avocats assurent qu’elle ne cherche pas à fuir, mais qu’elle utilisera tous les recours juridiques possibles. Ses déclarations alimentent aussi une procédure de destitution devant le Sénat. Si elle est reconnue coupable, Sara Duterte perdra son poste et sera interdite à vie de toute fonction politique. Un coup fatal pour ses ambitions présidentielles en 2028.
Cette cascade judiciaire ne doit rien au hasard. Elle illustre une fracture politique profonde entre Ferdinand Marcos et celle qui fut son alliée lors de la présidentielle de 2022. Le chef de l’État lui avait confié le ministère de l’Éducation, pas le ministère de la Défense qu’elle convoitait. Sara Duterte a fini par claquer la porte de ce gouvernement en juin 2024. Il y a quelques mois, elle pouvait pourtant compter sur de solides soutiens au Sénat et sur deux influentes sectes chrétiennes qui organisaient d’immenses rassemblements en sa faveur. Aujourd’hui, son sort se joue dans les couloirs de la justice et dans l’équilibre instable d’une famille politique déchirée.
À lire aussi





ÉconomieEn Ligne 6 joursLe durian chasse le café des hauts plateaux vietnamiens



SportsEn Ligne 6 joursLe promu Troyes s’envole, Angers s’illumine, Auxerre s’enlise



PolitiqueEn Ligne 7 joursPhilippe et Hollande s’affrontent sur la fiscalité à huit mois de la présidentielle



PolitiqueEn Ligne 7 joursSégolène Royal défie les peurs et se lance dans la primaire socialiste



PolitiqueEn Ligne 5 joursJordan Bardella écarte la police du vêtement et promet un référendum sur l’islamisme



PolitiqueEn Ligne 7 joursLecornu écarte la présidentielle et sort un budget de transition pour 2027



SportsEn Ligne 6 joursBlandine L’Hirondel, reine de l’UTMB après une nuit de folie



SportsEn Ligne 6 joursDjibril Sidibé voit rouge 43 secondes après son entrée en jeu








