Politique
Les syndicats haussent le ton sur le budget 2027 pour défendre les salaires et la protection sociale
À l’approche des arbitrages budgétaires, les organisations syndicales campent sur leurs lignes rouges. Leur message est clair, les efforts doivent être…


À l’approche des arbitrages budgétaires, les organisations syndicales campent sur leurs lignes rouges. Leur message est clair, les efforts doivent être partagés, pas concentrés sur ceux qui travaillent.
Le budget 2027 commence à se dessiner et les syndicats ne veulent pas être mis devant le fait accompli. CGT, CFDT, FO et CFE-CGC refusent un budget qui ferait régresser le monde du travail. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a donné le ton de la rentrée. Il faut empêcher que les salariés et les salariées paient l’addition.
À la CFDT, Marylise Léon ne minimise pas la situation budgétaire. Elle rappelle simplement qu’il n’y a pas de réponse unique face à la dette. Plutôt que de viser les salaires, son syndicat défend une hausse d’un point de la CSG, une réforme des droits de succession plus progressive et appliquée à toutes les transmissions, ainsi qu’une remise à plat du pacte Dutreil. Cette dernière idée, qui concerne la transmission des entreprises familiales, a déjà été écartée par le gouvernement.
En face, certaines mesures sont repoussées avec fermeté. Baisser les cotisations sur le salaire brut pour élever le net, une proposition défendue par le Medef sous le nom de TVA sociale, ne convainc personne. La CFDT y voit une approche très limitée du pouvoir d’achat. La CGT parle d’un enfumage. Les syndicats refusent tout autant une sous-indexation des retraites ou une baisse des remboursements pour les arrêts maladie. La réponse punitive n’apporte pas de solution.
Le pouvoir d’achat est leur fil rouge. Un premier appel intersyndical de la rentrée est organisé avec une journée de mobilisation pour la fonction publique le 29 septembre, à quelques mois de ses élections professionnelles. Frédéric Souillot, pour FO, rappelle que la rémunération arrive en tête des priorités des Français. Il égratigne au passage une période politique transformée en campagne électorale permanente, et fustige un concours Lépine de mauvaises idées budgétaires. La CFE-CGC, par la voix de Christelle Thieffinne, préfère parler d’une dette de confiance à rembourser avant la dette publique.
Derrière cette mobilisation, les syndicats jouent la carte du long terme. Ils veulent peser sur la présidentielle sans laisser le dialogue social s’éteindre pendant la campagne. Des échanges ont déjà eu lieu avec le patronat pour bâtir un agenda social autonome, hors du calendrier budgétaire. En juin 2027, promet Marylise Léon, les organisations syndicales seront toujours là.
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