Politique
La France d’abord, le RN met des conditions claires à son soutien à l’Ukraine
Alors que la polémique enfle depuis jeudi, Laurent Jacobelli tente d’éteindre l’incendie. Le parti assure rester aux côtés de Kiev, mais refuse tout…


Alors que la polémique enfle depuis jeudi, Laurent Jacobelli tente d’éteindre l’incendie. Le parti assure rester aux côtés de Kiev, mais refuse tout sacrifice financier pour la France.
Le Rassemblement national se retrouve sous le feu des critiques et tente de calmer le jeu. Samedi sur France Info, le député de Moselle Laurent Jacobelli a martelé une ligne simple. Oui, le parti soutient l’Ukraine face à la Russie. Non, il n’est pas question de creuser un peu plus les déficits français. « Nous sommes aux côtés de l’Ukraine, mais pas au prix de la vie financière de la France », a-t-il lancé, alors que le pays est, selon lui, en situation de « quasi-faillite ». Un argument qu’il a relié aux efforts demandés aux Français sur les retraites et la santé.
Cette mise au point fait suite aux propos de Louis Aliot, vice-président du parti, qui avait suggéré jeudi soir de « couper le robinet » à destination de Kiev si le RN accédait au pouvoir. Face à la vague de critiques, Laurent Jacobelli a précisé la pensée du parti. L’aide financière doit répondre à une « démarche pragmatique », pas à des « promesses en l’air ». En clair, il s’agit d’éviter que cet argent pèse sur la dette et les impôts des citoyens. Le soutien matériel reste lui aussi encadré. Le « soutien militaire défensif » sera maintenu, tout comme l’aide humanitaire et la formation. Mais si une livraison d’armes risque de vider les stocks français ou d’affaiblir la défense nationale, le parti dit qu’il dira non. « Notre devoir de décideurs et de dirigeants politiques est de protéger la France », a justifié le député.
L’autre sujet brûlant, c’est l’immigration. Vendredi, Jordan Bardella était à Londres aux côtés de Nigel Farage, son allié anti-européen. Les deux hommes ont signé un protocole d’accord qui prévoit notamment le renvoi de migrants des eaux britanniques vers la France. Une décision critiquée de toutes parts. Laurent Jacobelli a tenté de rassurer en expliquant que cela ne concernait que les migrants en détresse dans la Manche qui voudraient rejoindre le Royaume-Uni. « Évidemment qu’on ne va pas les laisser se noyer », a-t-il affirmé. Selon lui, les dépenses liées à ce dispositif seront « équitablement réparties » entre les deux pays. Le but assumé est d’envoyer un signal mondial, celui de dire aux migrants que venir chez nous ne sert à rien. Une position ferme, assumée à deux semaines d’un scrutin où le RN espère peser de tout son poids.
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