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La braderie de Lille se transforme en terrain de campagne présidentielle

Les prétendants à l’Élysée ont pris d’assaut les allées de la plus grande brocante d’Europe pour faire campagne. Les selfies côtoient les appels à l’union…

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La braderie de Lille se transforme en terrain de campagne présidentielle

Les prétendants à l’Élysée ont pris d’assaut les allées de la plus grande brocante d’Europe pour faire campagne. Les selfies côtoient les appels à l’union et les passes d’armes contre le RN.

En costume sombre pour sa toute première braderie, Gabriel Attal s’est engouffré dans le plus grand vide-greniers du continent. Des selfies, des poignées de main, des encouragements. Une brocanteuse lui dit qu’elle votera pour lui avant de le taquiner sur sa taille. Il paraît plus petit qu’à la télé, s’amuse-t-elle. L’ancien premier ministre, aujourd’hui secrétaire général de Renaissance, se dit en campagne de terrain. Il déroule ses priorités, l’école, les salaires, les frontières, l’intelligence artificielle, et promet de s’attaquer à la dette publique comme à la dette climatique. Après Lille, il doit enchaîner avec une fête populaire à Toulouse puis la Fête des moissons à Rouen. Dans son sillage, un habitué de la braderie, Christophe Vandersnickt, 59 ans et venu de Loos, glisse son inquiétude. « Il faut surtout motiver les gens à aller voter, reparler au peuple et surtout ne pas refaire du Macron. »

Gabriel Attal a aussi pris pour cible le Rassemblement national sur l’Ukraine. Le parti de Marine Le Pen a suggéré de couper l’aide à Kiev face à la Russie. Une position jugée sidérante par l’ancien locataire de Matignon. Selon lui, tous ceux qui veulent nuire à la France et à l’Europe font de la candidate du RN leur cheval de Troie. Sur le calendrier, les deux anciens premiers ministres ne sont pas sur la même ligne. Édouard Philippe refuse l’idée d’une primaire. Gabriel Attal, lui, assure que le rassemblement se fera début 2027.

Marine Tondelier, elle, connaît par cœur la braderie de Lille. Pour sa dix-neuvième participation, la cheffe des Écologistes assure que son camp est le seul à être bien reçu sur tous les stands de gauche. Elle part d’un constat simple. Marine Le Pen devrait être qualifiée au second tour. Face à elle, il y aura soit une personnalité de droite, soit une personnalité de gauche. La place reviendra au camp le plus rassemblé. La gauche, répète-t-elle, n’a pas le droit de perdre séparément une élection qu’elle pourrait gagner ensemble. Elle doit accoucher en septembre. Tant que je n’accouche pas, je suis en campagne, dit-elle.

Jean-Luc Mélenchon doit lui aussi monter sur la scène installée pour l’occasion. Le leader insoumis prévoit un discours d’environ quarante-cinq minutes sur l’économie et le social. La braderie sert de carrefour à toute la vie politique. Michel Barnier est attendu au stand des Républicains. Jérôme Guedj, en lice pour la primaire socialiste, doit retrouver le maire PS de Lille, Arnaud Deslandes.

La braderie de Lille puise ses racines au Moyen Âge. Elle attire environ 2,5 millions de visiteurs sur plus de cinquante kilomètres de rues. Pendant cinquante heures, le centre-ville appartient aux chineurs et aux amateurs de moules-frites. Une telle marée humaine exige des moyens importants. Les autorités ont aligné 1 800 policiers, 200 gendarmes, 560 pompiers et 600 agents municipaux. Des espaces sécurisés ont aussi vu le jour dans le métro et les zones de vie nocturne pour prévenir les violences sexistes et sexuelles.

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