Monde
L’opposition bangladaise prend la rue contre les pénuries qui étouffent le pays
Des milliers de manifestants ont entamé une longue marche entre Dacca et Chittagong pour dénoncer le manque de gaz, d’électricité et d’engrais. C’est le…

Des milliers de manifestants ont entamé une longue marche entre Dacca et Chittagong pour dénoncer le manque de gaz, d’électricité et d’engrais. C’est le premier grand mouvement de contestation contre le Premier ministre depuis sa victoire aux législatives de février.
Samedi, la foule s’est rassemblée sur une place de la capitale avant de s’élancer vers le grand port du sud. Drapeaux en l’air, slogans scandés, les partisans de l’opposition veulent faire entendre leur colère. Leur objectif est simple, affirment-ils. Garantir à chaque foyer de quoi cuisiner et s’éclairer. Le chemin jusqu’à Chittagong sera ponctué de réunions publiques pour porter ce message dans tout le pays.
C’est un avertissement direct pour Tarique Rahman, installé au pouvoir après une large victoire électorale en février. Jamais depuis ce scrutin l’opposition n’avait réussi à mobiliser autant de monde dans la rue. Le principal chef de l’opposition, l’islamiste Shafiqur Rahman, a lancé la marche sur un ton ferme. Il promet de se battre pour que le gaz de cuisson et l’électricité arrivent enfin dans tous les foyers, sans exception.
Le Bangladesh traverse une tempête énergétique. Le pays importe 95% de son pétrole et de son gaz. Or, depuis la fin février, les tensions au Moyen-Orient perturbent gravement ses approvisionnements. Faute de mieux, le gouvernement a dû augmenter les prix et rationner la distribution des carburants, du gaz, de l’électricité et des engrais. Une situation qui frappe directement les familles et les agriculteurs, coincés entre des factures qui grimpent et des ressources qui manquent.
La colère ne se limite pas aux pénuries. La veille de la marche, un étudiant a été arrêté. Son tort, selon les autorités, est d’avoir insulté des responsables gouvernementaux après avoir exprimé sa rage face à la hausse des tarifs de l’électricité. Un dirigeant du Parti national des citoyens, Akhter Hossen, a dénoncé cette répression devant les manifestants. Vous avez échoué à fournir du gaz, de l’électricité et des engrais, a-t-il lancé. Et en plus, vous empêchez les gens d’en parler. Un message qui résume l’amertume d’une population qui ne voit pas le bout du tunnel.
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