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L’Irak produit le pétrole mais ses réservoirs restent vides

Les stations-service de Bagdad sont prises d’assaut malgré un pays producteur de brut. Les importations d’essence sont bloquées à cause des tensions au…

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L'Irak produit le pétrole mais ses réservoirs restent vides

Les stations-service de Bagdad sont prises d’assaut malgré un pays producteur de brut. Les importations d’essence sont bloquées à cause des tensions au Moyen-Orient.

Des files d’attente à perte de vue s’étirent devant les pompes de la capitale irakienne. Les automobilistes patientent des heures pour un plein, quand ils n’arrivent pas les mains vides. Le pays vit un paradoxe difficile à avaler. Il est le deuxième plus grand producteur de pétrole de l’Opep, mais ses raffineries ne transforment pas assez de brut pour couvrir la demande intérieure. Résultat, l’Irak dépend d’importations de carburant, et celles-ci arrivent au compte-gouttes depuis que les hostilités régionales perturbent les routes maritimes.

Un habitant de Bagdad raconte avoir attendu deux heures devant une station publique, sans obtenir une goutte d’essence. Il est revenu à l’aube le lendemain pour tenter sa chance. Lui trouve la situation absurde dans un pays qui extrait des millions de barils chaque jour. En temps normal, les Irakiens consomment environ 33 millions de litres d’essence par jour. Mais dès que la peur d’une rupture s’installe, la demande bondit à 38 millions de litres, selon les autorités. Chacun veut remplir son réservoir, ce qui vide encore plus vite des stocks déjà limités.

Le gouvernement tente de calmer le jeu. Le ministère du Pétrole évoque des difficultés logistiques pour le transport maritime des carburants, avec des cargaisons retardées dans les ports. Le ministre assure qu’une solution est proche et parle d’une pénurie temporaire, de nouvelles livraisons devant arriver bientôt. Mais le vrai point noir se trouve dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique au cœur des tensions entre les États-Unis et l’Iran. L’Irak dépend de cette route pour exporter son brut, qui finance près de 90% du budget de l’État. Avant le début de la guerre, le pays produisait environ quatre millions de barils par jour et en exportait 3,4 millions. Après un effondrement, les exportations sont remontées au-dessus de 2,2 millions de barils en août. L’Iran affirme avoir autorisé certains pétroliers irakiens à franchir le détroit, mais la circulation reste fragile. Pendant ce temps, les automobilistes de Bagdad font toujours la queue dans l’incertitude.

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