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L’État reprend la main sur une usine chimique à l’abandon pour éviter une catastrophe dans le Rhône
L’usine Fibre Excellence de Tarascon, en liquidation judiciaire, est désormais sous réquisition de l’État. Le risque de pollution du Rhône pousse les…


L’usine Fibre Excellence de Tarascon, en liquidation judiciaire, est désormais sous réquisition de l’État. Le risque de pollution du Rhône pousse les autorités à agir face à un liquidateur qui ne fait pas le travail.
Le site industriel de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, n’a pas le droit de tomber en panne. Placé en liquidation judiciaire depuis le 29 juillet, il reste classé « Seveso seuil bas » et abrite encore onze tonnes de bois et des produits chimiques dangereux comme du peroxyde d’hydrogène, du propane ou du fioul lourd. C’est pour cette raison que l’État a décidé mardi de réquisitionner le site. En clair, les autorités reprennent la main pour garantir la sécurité des installations. Le liquidateur judiciaire, qui n’avait pas obéi aux injonctions malgré plusieurs mises en demeure, n’assurait plus correctement la maintenance des équipements de protection.
La préfecture des Bouches-du-Rhône demande que le site conserve toutes ses capacités de lutte contre une éventuelle pollution chimique. Concrètement, il faut que les systèmes de défense incendie et la station d’épuration fonctionnent, car leur rôle est de retenir les rejets accidentels avant qu’ils ne finissent dans le Rhône. Jeudi déjà, un arrêté préfectoral exigeait le redémarrage immédiat de ces installations. Mais les agents de la Dreal, qui sont chargés des contrôles, ont de nouveau constaté que rien n’avait été fait. Le liquidateur avait pourtant jusqu’à lundi minuit pour se mettre en conformité avec une nouvelle réquisition reçue pendant le week-end. Sans succès.
Les syndicats, eux, tirent la sonnette d’alarme. Pour la CGT, les anciens salariés du site doivent être associés aux opérations de sécurisation. Leur connaissance de l’usine est jugée précieuse, car la passation avec le liquidateur est insuffisante et les moyens ne suivent pas. Jean-Michel Bulinge, délégué syndical et technicien de maintenance depuis dix ans, redoute le pire. Il rappelle que des orages et de la pluie sont attendus mercredi. Sans système de rinçage opérationnel, des liquides toxiques pourraient s’écouler directement dans le fleuve.
Les co-liquidateurs, Alix Brenac et Marc-Antoine Rey, assurent de leur côté vouloir la mise en sécurité complète du site. Leur difficulté est technique. Les volumes de liqueurs stockés sur place ne peuvent pas être traités par la station d’épuration, qui n’est pas assez dimensionnée pour leurs volumes et leurs caractéristiques chimiques. Ils cherchent donc des filières adaptées pour la reprise, la valorisation ou le traitement des produits.
Pendant ce temps, l’autre site de Fibre Excellence, celui de Saint-Gaudens en Haute-Garonne, suit un chemin différent. Lui aussi est en liquidation judiciaire, mais une continuation temporaire d’activité est envisagée. Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision le 15 septembre. Une issue qui pourrait éviter au site une mise en sommeil aussi dangereuse que celle de Tarascon.
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