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Après un été de feux, les pompiers disent stop et lancent une grève nationale

Le gouvernement leur présentait un projet de loi très attendu. Ils en sont ressortis amers et préviennent que la colère va monter dans les casernes.

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Après un été de feux, les pompiers disent stop et lancent une grève nationale

Le gouvernement leur présentait un projet de loi très attendu. Ils en sont ressortis amers et préviennent que la colère va monter dans les casernes.

Les pompiers professionnels avaient besoin de réconfort et de moyens. Ils ont reçu un texte qu’ils jugent sans ambition. Ce mardi, au premier jour de leur grève nationale, les représentants syndicaux sont sortis de leur entrevue avec la sécurité civile visiblement épuisés et remontés. Leur message est clair. Ils se sentent méprisés après une saison des feux d’une violence rare et des étés caniculaires à répétition.

L’intersyndicale espérait une grande loi de modernisation de la sécurité civile. Elle dit avoir découvert un simple prolongement de la loi Matras de 2021. Manuel Coullet, du syndicat SUD, parle d’un « toilettage ». David Saquet, de l’Unsa, évoque un « grand vide » sur les questions d’argent et de matériel. Le gouvernement renvoie les discussions financières vers les prochaines lois de programme et de finances. Les syndicats, eux, attendaient des réponses concrètes pour les casernes.

Leur principale revendication reste l’embauche de 21 000 pompiers professionnels. Ce chiffre provient d’un rapport de l’Inspection générale de l’administration daté de 2025. Il correspond aux postes aujourd’hui occupés par des volontaires qui ne peuvent pas assurer toutes les missions. Car la charge de travail ne cesse d’augmenter. Depuis 2002, les interventions ont bondi de plus de 30%. La part du secours d’urgence aux personnes est passée de 59% à 87% des sorties. Le réchauffement climatique ajoute encore des incendies géants. Les camions vieillissent et manquent. Dans les rangs, on réclame plus de monde dans les véhicules et plus de financements pour les faire rouler.

Les syndicats ne comptent pas en rester là. Leur préavis de grève court jusqu’au 20 octobre au minimum. Des banderoles vont fleurir sur les camions. Les représentants porteront un écusson noir « gréviste » sur l’épaule. Une manifestation est annoncée le 29 septembre à Paris. La colère gronde déjà dans les casernes. Et les propos tenus mardi risquent de ne pas l’apaiser.

Même en grève, les secours restent assurés. Des réquisitions sont possibles et les pompiers le savent. Mais ils veulent rappeler une évidence. Ils ne font pas grève pour des primes, mais pour la population et pour la qualité des secours. Le texte présenté prévoit pourtant quelques mesures, comme un renforcement de la coordination entre le Samu, les ambulanciers privés et les services départementaux d’incendie. Le préfet aurait davantage la main sur cette organisation. Des journées de résilience pourraient aussi voir le jour. Mais ces annonces ne répondent pas au malaise profond d’une profession qui attend une vraie refonte depuis vingt ans. Les pompiers se demandent si l’État mesure vraiment l’urgence.

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