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Au Liban, une frappe israélienne tue douze membres d’une même famille pendant leur sommeil
Des centaines de personnes ont accompagné mardi, dans le sud du Liban, les dépouilles de douze membres d’une même famille foudroyés par une frappe…


Des centaines de personnes ont accompagné mardi, dans le sud du Liban, les dépouilles de douze membres d’une même famille foudroyés par une frappe israélienne. Parmi eux, un nourrisson de trois mois dont le cercueil a bouleversé le cortège.
Kfar Remmane a vécu une journée de deuil hors du commun. Des centaines de personnes ont marché derrière les cercueils sous le bourdonnement des drones israéliens. Les deux premiers cercueils portent le drapeau jaune du Hezbollah. Les dix autres sont recouverts du drapeau libanais, signe que la plupart des victimes étaient des civils. Des femmes en noir sanglotent en tenant des photos de leurs proches, pendant que la foule scande des slogans hostiles à Israël et aux États-Unis.
La douleur remonte à la nuit de dimanche à lundi. Une frappe israélienne a détruit un immeuble de trois étages sans aucun avertissement. Douze membres d’une même famille dormaient à l’intérieur. Le maire adjoint de la localité, Noureddine Noureddine, énumère les victimes avec accablement, un grand-père, une grand-mère, deux couples et leurs enfants, dont un bébé de trois mois. Il jure qu’aucune activité militaire ne se déroulait sur place. Un secouriste tué lundi dans une autre frappe qui a touché une voiture du village a aussi été inhumé.
Ces morts s’inscrivent dans une nouvelle flambée de violence. L’armée israélienne affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après le lancement de deux drones explosifs vers ses soldats. Elle assure examiner les informations selon lesquelles des personnes non impliquées ont été blessées ou tuées. Depuis vendredi, 27 personnes sont mortes dans des frappes israéliennes, d’après le ministère libanais de la Santé. L’escalade a débuté avec l’annonce par Israël de la prise de la crête d’Ali Taher, une position stratégique qui surplombe la région. Pourtant, une trêve semblait tenir depuis fin juin, grâce à un protocole d’accord américano-iranien et à un accord-cadre entre le Liban et Israël.
Le Hezbollah, qui n’avait plus lancé d’attaque depuis le 20 juin, refuse ces négociations. C’est lui qui avait entraîné le Liban dans ce conflit en ouvrant le feu sur Israël dès mars, en solidarité avec l’Iran. Les représailles israéliennes ont coûté la vie à plus de 4.300 personnes, selon les autorités. Dans le cortège, Ghaleb Baalbaki pleure son fils, un membre du Hezbollah tué. Il demande à l’État libanais de mettre fin immédiatement aux discussions avec Israël, expliquant qu’un semblant d’honneur imposerait d’arrêter ces pourparlers. Le village, lui, voit ses espoirs s’effondrer. Plus de 1.400 habitants étaient revenus pendant la trêve après des semaines de déplacement. Aujourd’hui, constate le maire adjoint, ils se comptent sur les doigts de la main.
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