Économie
Kawasaki choisit Strasbourg pour imaginer les robots qui soigneront demain
Le géant industriel japonais installe en Alsace son premier centre européen dédié à la robotique médicale. Avec les chercheurs strasbourgeois, il veut…

Le géant industriel japonais installe en Alsace son premier centre européen dédié à la robotique médicale. Avec les chercheurs strasbourgeois, il veut mettre au point des machines capables de traquer les tumeurs à l’intérieur du corps.
Strasbourg fait son entrée dans le cercle très fermé de la robotique de pointe. Kawasaki Heavy Industries y a inauguré lundi son tout premier centre de recherche et développement en Europe. Il est installé au coeur de l’Ircad, l’institut qui combat les cancers de l’appareil digestif. Ce nouveau maillon s’ajoute à deux autres centres, l’un à Kobe au Japon, l’autre à San Jose dans la Silicon Valley. Ensemble, ils vont plancher sur des robots médicaux, sur l’intelligence artificielle et sur les technologies de l’hôpital du futur.
Les équipes ont déjà des pistes claires. Le patron de Kawasaki l’a rappelé lui-même, certains gestes ont déjà été robotisés, d’autres pas encore. C’est sur ces zones encore vierges que les chercheurs veulent se concentrer. Chez Kawasaki, une filiale nommée Medicaroid a déjà conçu un robot chirurgical appelé Hinotori. À Strasbourg, l’ambition va plus loin. Jacques Marescaux, président et fondateur de l’Ircad, évoque des robots capables de détruire des tumeurs par la chaleur ou par le froid, sans ouvrir le patient. D’autres machines passeront par les voies naturelles du corps pour rejoindre des tumeurs du tube digestif et les opérer.
L’intelligence artificielle pourrait bien changer la donne sur toute la ligne. Selon le professeur Marescaux, elle permettra des diagnostics plus précoces du cancer et rendra la chirurgie lourde moins nécessaire. Il faudra de moins en moins retirer des organes entiers, une évolution qu’il juge bénéfique pour le malade. Autre piste suivie de près, les robots humanoïdes en salle d’opération. L’idée est de compenser le manque de personnel en confiant à une petite machine le soin d’apporter les instruments au chirurgien.
Sur place, Kawasaki ne part pas de rien. Plusieurs ingénieurs du groupe vont rejoindre la trentaine de développeurs et chercheurs en intelligence artificielle qui travaillent déjà à l’Ircad. Ce rapprochement tombe à un moment où la concurrence fait rage. Jacques Marescaux assume pleinement ce choix, il faut selon lui s’allier à un géant pour rester dans la course. Il espère que cette union aura un effet magnétique et attirera des start-up européennes autour de ce nouveau pôle d’innovation.
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