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Népal pleure ses morts et les familles des disparus s’impatientent

Le Népal observe une journée de deuil après une crue qui a tout emporté. Des proches réclament des réponses, tandis que les sauveteurs poursuivent leurs…

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Népal pleure ses morts et les familles des disparus s’impatientent

Le Népal observe une journée de deuil après une crue qui a tout emporté. Des proches réclament des réponses, tandis que les sauveteurs poursuivent leurs recherches.

Le Népal traverse ce lundi une journée particulière. Le gouvernement a demandé la mise en berne des drapeaux sur les bâtiments publics pour rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie dans la crue dévastatrice du 26 août. Selon les bilans provisoires publiés aujourd’hui, la catastrophe a fait au moins 1.398 morts et plus de 5.500 disparus près de la frontière avec la Chine. Différents profils se mêlent parmi les personnes sans nouvelles, des touristes, des pèlerins étrangers et des centaines d’ouvriers affectés aux barrages, qu’ils soient déjà opérationnels ou en chantier.

Cela fait maintenant treize jours que les recherches se poursuivent. L’armée assure que les équipes déploient la même énergie que le premier jour, avec des moyens au sol, dans les airs et dans les tunnels sous les sites touchés. Un porte-parole a confié que l’objectif est de ne laisser personne prisonnier des décombres. Mais la mission est bien plus complexe qu’un sauvetage classique. L’Australien Arnold Dix, expert engagé dans les opérations, décrit une situation inédite où plusieurs sauvetages potentiels se jouent en même temps à des endroits différents, avec chacun ses dangers et ses incertitudes. Ce spécialiste refuse d’abandonner pour autant. Il se souvient de son expérience de 2023, quand il avait aidé les secours indiens à sortir 41 ouvriers restés bloqués dix-sept jours dans un tunnel de Silkyara. Jamais, dit-il, il ne faut confondre l’improbable et l’impossible.

Pourtant, les familles ne cachent plus leur colère. À Katmandou, des proches d’ouvriers portés disparus ont déployé une banderole sur une place de la ville. Le message est simple. « Combien de temps allons-nous attendre à la maison et pleurer ? » Reena Amatya Shrestha, dont le frère géologue travaillait sur le chantier du barrage de Trishuli-3, demande des résultats concrets plutôt que des promesses. Elle dit garder beaucoup d’espoir et imagine son frère toujours là, attendant d’être secouru.

Des lueurs existent malgré tout. Trois ouvriers, deux Népalais et un Chinois, ont été extraits vivants des tunnels vendredi et samedi. Samedi, les secours ont aussi sorti une sexagénaire ensevelie sous les ruines de sa maison à Betrawati. Son voisin, Buddhi Lal Dongol, âgé de 68 ans, a assisté lundi à une cérémonie funéraire à Katmandou. Il dit que la rescapée a eu la chance de connaître une nouvelle vie et espère voir d’autres disparus revenir de la même façon.

La catastrophe ne se limite pas aux pertes humaines. L’effondrement d’un glacier et d’une partie de montagne a formé une vague gigantesque qui a détruit routes, ponts et habitations. Selon la coordinatrice de l’ONU au Népal, 84.000 sinistrés ont tout perdu en une ou deux minutes. Face à l’ampleur des dégâts, le chef de la diplomatie népalaise parle d’un « tsunami himalayen » et évalue à plusieurs milliards de dollars le coût de la reconstruction. La communauté internationale est appelée à ne pas tourner le dos à ce pays himalayen.

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