Culture
Madagascar en révolte vue par Luis Tato, Visa d’or d’une édition sous le signe de l’émotion
Le photojournaliste espagnol est sacré pour ses images du soulèvement malgache. Il rend hommage au fondateur du festival, disparu quelques jours plus tôt.


Le photojournaliste espagnol est sacré pour ses images du soulèvement malgache. Il rend hommage au fondateur du festival, disparu quelques jours plus tôt.
Le Visa d’or News est venu récompenser une prise de risque et un long travail de terrain. Luis Tato a été honoré à Perpignan pour sa couverture de la révolte de la génération Z malgache, ce mouvement de jeunes adultes de moins de 30 ans descendus dans la rue en 2025. Sur la grande île de l’océan Indien, les manifestations ont commencé fin septembre et ont été durement réprimées avant que l’armée ne fasse tomber le président Andry Rajoelina à la mi-octobre.
Quand il a reçu sa récompense, Luis Tato a choisi de tourner les projecteurs vers Jean-François Leroy, le fondateur du festival, mort quelques jours plus tôt. C’est lui qui avait donné sa chance au photographe en exposant ses images pour la première fois en 2018, alors que Luis Tato cherchait encore sa place dans ce milieu. Personne n’a fait autant pour notre écosystème, a insisté le lauréat, visiblement ému.
Ce que Luis Tato a rapporté de Madagascar, ce sont dix jours passés au contact des manifestants. Ces jeunes dénoncent la corruption, des services publics en panne et une économie qui ne décolle pas. Mais pour lui, le sujet dépasse largement cette île. En 2025, la jeunesse s’est aussi mobilisée au Népal, au Bangladesh ou en Bulgarie. Elle essaie de redéfinir la démocratie et de faire évoluer des sociétés bloquées, un mouvement qui fascine le photographe de 37 ans.
Le trentenaire, installé à Nairobi, n’en est pas à son premier succès. Il avait déjà été repéré à Perpignan en 2018, puis salué plusieurs fois par des concours internationaux. Son travail sur la jeunesse malgache vient aujourd’hui confirmer une trajectoire singulière.
Ce palmarès ne résume pas toute l’émotion de cette édition. La disparition du fondateur a marqué les esprits, et le festival a aussi choisi de rendre justice à Raymond Depardon, photographe et cinéaste français, jamais exposé en près de quarante ans sur ces cimaises. Une grande rétrospective de son œuvre, du Vietnam à l’Afghanistan en passant par les États-Unis, a été présentée à Perpignan et accompagnée d’un Visa d’or d’honneur. Le public peut encore découvrir ces images en accès libre dans le centre historique de la ville jusqu’à la mi-septembre.
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