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Il met 900 élèves à l’abri puis voit son école sombrer dans la crue

Au Népal, un principal raconte la course contre la montre qui a permis de sauver les 900 élèves de son établissement. Le pays compte plus de 1 300 morts…

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Il met 900 élèves à l’abri puis voit son école sombrer dans la crue

Au Népal, un principal raconte la course contre la montre qui a permis de sauver les 900 élèves de son établissement. Le pays compte plus de 1 300 morts et près de 5 000 disparus.

Rajendra Dawadi dirigeait une école à Trishuli Bazaar, dans le nord du Népal. Le bâtiment n’existe plus. Il a été avalé par les eaux en quelques minutes, sous les yeux de son principal. Ce jour-là, Rajendra Dawadi a eu très peu de temps pour décider. Son comptable est arrivé en criant que l’inondation arrivait et que tous les villages étaient déjà sous l’eau. Puis un collègue a confirmé la nouvelle. Une vague immense descendait la rivière Trishuli.

L’homme de 47 ans a pesé le pour et le contre. Une fausse alerte aurait coûté une journée de cours. Une alerte ignorée aurait pu coûter des vies. Il a donné l’ordre d’évacuer. Les 900 élèves présents ont quitté leurs salles. Certains ont paniqué. Une jeune fille s’est évanouie devant une classe. Les chauffeurs de bus scolaire déjà en route ont fait demi-tour. Une fois tout le monde sur les hauteurs, Rajendra Dawadi s’est retourné. L’école où il avait lui-même étudié a tenu encore un peu. Puis elle s’est effondrée dans les eaux. Il ne restait plus rien.

Cinq élèves ont péri à l’extérieur de l’établissement, ainsi qu’un enseignant et un gardien. Le gardien avait sans doute voulu fermer la porte. La catastrophe a aussi bouleversé la vie de Santoshi Dotel, 17 ans. Elle était en cours de comptabilité quand l’ordre d’évacuer est tombé. Avec une amie, elle a d’abord tenté de traverser la rivière pour rejoindre sa famille. L’eau a tout emporté, y compris le pont. La jeune fille a fondu en larmes, convaincue qu’elle ne reverrait plus les siens. Son amie l’a entraînée plus haut sur une colline.

Santoshi est restée sans nouvelles de ses parents pendant un long moment avant que sa mère ne l’appelle. Il a fallu quatre jours et une évacuation en hélicoptère pour que les deux femmes finissent par se serrer dans les bras. Durga Dotel raconte qu’en voyant la rivière en crue, elle avait perdu tout espoir de retrouver sa fille vivante.

Au-delà de cette école, les dégâts sont immenses. Au moins 69 établissements ont été détruits et près de 19 000 enfants se retrouvent sans salle de classe. Rajendra Dawadi presse les autorités de rouvrir au plus vite. Il compare cette crue au tremblement de terre de 2015, qui avait déjà rasé son école. À l’époque, elle avait été reconstruite. Aujourd’hui, il n’y a même plus de terrain où poser la première pierre.

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