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Le pari à double tranchant du Rassemblement national sur la scène internationale

Entre la remise en cause de l’aide à l’Ukraine et la poignée de main avec Nigel Farage, le parti de Marine Le Pen s’expose à une pluie de critiques. Ses…

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Le pari à double tranchant du Rassemblement national sur la scène internationale

Entre la remise en cause de l’aide à l’Ukraine et la poignée de main avec Nigel Farage, le parti de Marine Le Pen s’expose à une pluie de critiques. Ses adversaires dénoncent une diplomatie soumise aux puissances étrangères à l’approche de la présidentielle de 2027.

La semaine du Rassemblement national a de quoi donner le tournis. Jeudi soir, Louis Aliot a ouvert le bal en évoquant la possibilité de couper les financements destinés à l’Ukraine si le parti accédait au pouvoir. Vendredi, Jordan Bardella a signé à Birmingham un accord symbolique avec Nigel Farage, le visage du Brexit. Ce document imagine le scénario d’une victoire conjointe des deux formations et prévoit le renvoi vers la France des migrants interceptés dans les eaux britanniques. Deux annonces qui ont immédiatement braqué tous les projecteurs sur le parti à la flamme.

Dans les rangs des adversaires, la charge a été rapide et violente. Édouard Philippe s’est demandé si Marine Le Pen partageait vraiment la ligne de son président de parti. Gabriel Attal a parlé d’une grande soumission à l’égard d’autres puissances. Jean-Luc Mélenchon, lui, n’a pas mâché ses mots en qualifiant Jordan Bardella de fasciste sans réputation. Marine Tondelier, à la tête des Écologistes, voit dans le RN un cheval de Troie au service des ennemis de la France et de l’Europe. Raphaël Glucksmann préfère railler les patriotes de pacotille. La classe politique semble unie pour dénoncer cette séquence.

Jordan Bardella a tenté d’éteindre l’incendie. Il assure que le texte ne prévoit pas de laisser les migrants traverser la Manche pour être ensuite refoulés sur le sol français. Selon lui, l’objectif est tout simplement de stopper l’immigration clandestine. Une députée du parti, Edwige Diaz, balaie l’affaire en parlant de polémiques inventées et précise que les personnes interceptées seraient placées en détention avant leur expulsion. Un autre élu, Laurent Jacobelli, ajoute que les coûts de ce dispositif fictif seraient répartis équitablement entre Paris et Londres. Mais la démonstration laisse sceptique pour une formation qui a construit sa popularité sur la lutte contre l’immigration.

En coulisses, Marine Le Pen observe sans broncher. Elle laisse son potentiel futur Premier ministre se débrouiller seul face à la tempête. Ce silence intrigue d’autant plus que la cheffe du parti traîne une réputation de complaisance vis-à-vis de Moscou. Sa visite au Kremlin en 2017 et son prêt accordé par une banque russe reviennent régulièrement sur le tapis. La position de Jordan Bardella sur l’Ukraine, justifiée par un endettement majeur et un refus de donner de l’argent sans contreparties, ne fait que renforcer les soupçons de ses détracteurs.

Cette séquence révèle aussi un vieux malaise avec l’Europe. S’allier avec l’une des grandes figures de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne peut sembler paradoxal pour un parti qui a abandonné ses ambitions de Frexit depuis bientôt dix ans. Jordan Bardella a encore tenté de clarifier sa position samedi en Italie. Il jure ne pas vouloir quitter l’Union européenne, tout en affirmant qu’il faut tout changer sans rien détruire. Une contorsion qui ne convainc pas ses opposants, bien décidés à faire de la diplomatie le point faible du Rassemblement national dans la bataille pour l’Élysée.

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