Culture
La guerre reste une machine à briser les âmes, quel que soit le camp
Le réalisateur japonais Shinya Tsukamoto présente à Venise un film inspiré du témoignage d’un ancien Marine du Vietnam. Son but est de montrer que la…


Le réalisateur japonais Shinya Tsukamoto présente à Venise un film inspiré du témoignage d’un ancien Marine du Vietnam. Son but est de montrer que la guerre fabrique toujours les mêmes victimes, même lorsque les armes changent de nature.
Les conflits évoluent, les armes deviennent plus précises et plus lointaines, mais la guerre continue de laisser les mêmes plaies. C’est ce contraste que Shinya Tsukamoto a voulu mettre en scène dans son nouveau long-métrage, présenté en compétition à la Mostra de Venise. Mr. Nelson, Did You Kill People ? s’inspire du récit d’Allen Nelson, un ancien Marine afro-américain envoyé au Vietnam en 1966 et poursuivi toute sa vie par le souvenir de ce qu’il a vécu. Le rôle principal est tenu par l’Américain Rodney Hicks.
Le titre du film reprend une question posée par un enfant lors d’une rencontre entre le vétéran et des élèves dans une école. Le cinéaste japonais raconte avoir été saisi par la façon dont Allen Nelson décrivait les horreurs de la guerre, avec une honnêteté totale et sans rien épargner à son public. Ce qui l’a marqué par-dessus tout, c’est que le récit prenait le point de vue de celui qui commet les crimes. Nelson ne parlait pas en Américain. Selon lui, n’importe quel être humain envoyé au front, à n’importe quelle époque, finit par être contraint de faire ce genre de choses.
Le récit suit la lente descente aux enfers de cet ancien soldat, hanté par des flashbacks qui surgissent pendant les séances chez son psychiatre. Le spectateur est plongé dans la moiteur de la jungle vietnamienne, auprès du jeune Nelson et de son unité qui traquent le Viet Cong, tuent des civils et brûlent des villages comme si c’était une simple routine. Il faudra le soutien de sa famille et une longue thérapie avec le docteur Daniels, incarné par Geoffrey Rush, pour que l’homme commence à émerger de ce cauchemar. Tsukamoto rappelle que le stress post-traumatique ne s’arrête pas au retour à la maison et qu’il peut peser sur les générations suivantes.
Derrière cette histoire individuelle se cache un message universel. Shinya Tsukamoto, connu pour son film culte Tetsuo, the Iron Man, constate que la forme des guerres a beau changer, les conséquences sur les corps et les esprits restent les mêmes. Les victimes ont les entrailles répandues, les yeux arrachés, les familles plongées dans le chagrin, que ce soit dans une guerre de drones ou dans une bataille à l’ancienne. Le cinéaste assume la crudité de ses images, car il veut que le public ressente l’horreur de l’intérieur, jusqu’à en ressortir légèrement traumatisé. Il espère que cette impression sera assez profonde pour que les jeunes qui verront ce film rejettent l’idée de partir sur un vrai champ de bataille.
À lire aussi





ÉconomieEn Ligne 6 joursLe durian chasse le café des hauts plateaux vietnamiens



SportsEn Ligne 7 joursLe promu Troyes s’envole, Angers s’illumine, Auxerre s’enlise



PolitiqueEn Ligne 5 joursJordan Bardella écarte la police du vêtement et promet un référendum sur l’islamisme



Faits DiversEn Ligne 4 joursPatrick Bruel renonce à sa tournée mais promet de continuer à se défendre



SportsEn Ligne 7 joursBlandine L’Hirondel, reine de l’UTMB après une nuit de folie



SportsEn Ligne 6 joursDjibril Sidibé voit rouge 43 secondes après son entrée en jeu



PolitiqueEn Ligne 6 joursGabriel Attal recadre Édouard Philippe et le renvoie vingt ans en arrière



ÉconomieEn Ligne 6 joursLa chaleur a grillé le maïs du Sud-Ouest et les producteurs sonnent l’alerte








