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En Guadeloupe, la sécheresse bloque la plantation de la canne à sucre
Les champs auraient dû accueillir les jeunes plants depuis des semaines, mais la terre reste nue. Après une récolte déjà en chute libre, la filière…

Les champs auraient dû accueillir les jeunes plants depuis des semaines, mais la terre reste nue. Après une récolte déjà en chute libre, la filière sucrière guadeloupéenne attend une pluie qui ne vient pas.
En Guadeloupe, les parcelles de canne à sucre devraient être couvertes de jeunes pousses. Elles sont vides, parfois fraîchement labourées, parfois jaunies et comme brûlées. La récolte 2026 s’est achevée en juillet avec près de 312 700 tonnes, un volume en baisse de 35 % par rapport à l’année précédente. Et pour la saison à venir, rien n’est encore en terre. Les planteurs assurent que mettre les plants maintenant reviendrait à les faire cuire sur place, tellement le sol est chaud et sec.
Le calendrier est déjà largement dépassé, mais le ciel ne suit pas. Depuis le mois de mai, les relevés météo accumulent les signaux inquiétants. L’eau manque, les températures grimpent. Juillet a été qualifié de mois le plus chaud depuis 1995 et les prochaines semaines s’annoncent encore très sèches, jusqu’en février. La saison des pluies a beau avoir officiellement commencé, elle n’apporte rien. C’est un signe direct du dérèglement climatique dans la Caraïbe.
Ces champs ne sont pas un détail dans le paysage guadeloupéen. Ils couvrent près de la moitié des terres agricoles, loin devant la banane, les fruits ou les légumes. Pourtant, l’irrigation reste très insuffisante. Les exploitants le disent depuis longtemps, la canne est particulièrement exposée au manque d’eau. Et quand les ressources manquent, l’eau destinée à l’agriculture est souvent détournée pour alimenter les robinets, d’autant que le réseau d’eau potable est vieux et mal entretenu. Résultat, les plantes sont les premières à trinquer.
Pour la récolte de 2027, les producteurs préfèrent déjà préparer le pire. Certains ne misent plus que sur 2028. Les pistes d’adaptation existent pourtant. Déplacer les dates de la campagne sucrière ou organiser une deuxième récolte dans l’année, cela semble difficile, car toute la chaîne est liée, des planteurs aux ouvriers d’usine en passant par les transporteurs. D’autres solutions montent en puissance, comme les variétés plus résistantes, les sucres spéciaux ou les pratiques agroécologiques. Les autorités, elles, défendent l’idée que la canne doit rester un pilier, surtout quand on voit les filières maraîchères et d’élevage reculer depuis dix ans et que le territoire importe 82 % de sa nourriture.
La survie de la filière ne se fera peut-être pas sans casse. Un rapport local pointe des rendements très bas, sous les 20 tonnes par hectare, ce qui peut difficilement être considéré comme une agriculture professionnelle. Pour continuer à toucher des aides, les exploitations pourraient devoir se regrouper et se moderniser. Mais dans l’immédiat, toute la question revient au même point. Quand la pluie va-t-elle enfin revenir ?
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