Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

Ariane 6 pourrait un jour envoyer des Européens dans l’espace, selon son constructeur

Le patron d’ArianeGroup juge la fusée techniquement capable de mener des missions habitées. Un tournant stratégique pour une Europe qui cherche à…

Article

le

Ariane 6 pourrait un jour envoyer des Européens dans l’espace, selon son constructeur

Le patron d’ArianeGroup juge la fusée techniquement capable de mener des missions habitées. Un tournant stratégique pour une Europe qui cherche à s’émanciper de son allié américain.

Fini l’époque où l’Europe laissait exclusivement aux États-Unis le soin d’envoyer ses astronautes en orbite. Christophe Bruneau, président exécutif d’ArianeGroup, l’affirme sans détour. La fusée lourde Ariane 6 est tout à fait en mesure d’être adaptée pour accueillir des humains à son bord. Encore faut-il, précise-t-il, modifier le lanceur pour garantir une évacuation rapide de l’équipage en cas de pépin et sécuriser le pas de tir dans le même esprit. Rien d’insurmontable sur le papier, mais un chantier bien réel.

Ce changement de braquet n’est pas anodin. Jusqu’ici, les vols habités ne figuraient pas en tête des priorités de l’Agence spatiale européenne. Les Européens s’appuyaient sur leurs partenaires d’outre-Atlantique pour faire monter leurs astronautes à bord de vaisseaux américains et pour participer aux projets d’exploration lunaire. Mais le vent a tourné. Face au désengagement progressif des États-Unis sur certains programmes, une question revient avec insistance dans les couloirs des agences spatiales et des industriels du Vieux Continent. Pourquoi ne pas être capables d’y aller par soi-même ?

Ce sujet sera au cœur des discussions du sommet spatial international qui se tient à Paris cette semaine. Le patron de l’ESA, Josef Aschbacher, a déjà mis les pieds dans le plat en estimant que l’Europe pouvait développer ses propres vols habités pour un coût très raisonnable. Il a aussi alerté sur un autre point sensible, le manque prévisible de lanceurs européens à l’horizon 2030. De quoi nourrir les débats entre États membres et industriels.

Côté production, ArianeGroup prépare déjà l’avenir. La cadence visée est de neuf à dix lancements par an dès 2027, mais les équipes réfléchissent déjà à aller plus loin, en collaboration avec l’ESA et avec tout le réseau de sous-traitants. Christophe Bruneau résume joliment l’ambition. Il faut passer de la haute couture au prêt-à-porter, autrement dit industrialiser une machine qui n’a rien d’un produit ordinaire. Un lanceur, c’est plus de 200 000 pièces, parfois 300 000, fournies par 600 entreprises réparties dans treize pays. Autant dire que chaque accélération demande une coordination millimétrée. L’enthousiasme est là, mais la route vers des astronautes européens lancés par Ariane 6 reste pavée de défis industriels et politiques.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus