Europe
Pour protéger les ados, l’Estonie veut mettre les plateformes au pas
Alors que Bruxelles s’apprête à proposer une limite d’âge pour les réseaux sociaux, l’Estonie défend une autre voie. Sa ministre du Numérique affirme…

Alors que Bruxelles s’apprête à proposer une limite d’âge pour les réseaux sociaux, l’Estonie défend une autre voie. Sa ministre du Numérique affirme qu’il faut contraindre les plateformes à mieux protéger les enfants au lieu de les bannir.
Interdire l’accès des réseaux sociaux aux mineurs, l’idée fait son chemin en Europe. L’Estonie, elle, monte au créneau. La ministre de la Justice et du Numérique, Liisa-Ly Pakosta, estime qu’il vaut mieux durcir les règles imposées aux géants du web plutôt que de dresser une barrière d’âge impossible à faire respecter.
Le calendrier donne du poids à sa prise de position. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, doit présenter à la mi-septembre un projet de majorité numérique européenne. Le seuil retenu pourrait se situer entre 13 et 15 ans, selon des sources européennes. Pour la ministre estonienne, c’est une mauvaise réponse à un vrai problème.
Elle rappelle que les enfants ont toute leur place dans la société de l’information. Les en exclure serait une erreur. Ce sont plutôt les plateformes qui doivent s’adapter, en plaçant les besoins et les droits des plus jeunes au cœur de leur fonctionnement. Une telle bascule profiterait à tout le monde, pas seulement aux ados.
L’outil existe déjà, il s’appelle le DSA, le règlement européen sur les services numériques. Il donne à l’Union de larges pouvoirs pour obliger les réseaux sociaux à corriger ce qui dysfonctionne. La Commission l’a déjà utilisé avec Meta, la maison mère de Facebook et d’Instagram, ainsi qu’avec TikTok. Elle leur a demandé d’atténuer les mécanismes les plus addictifs de leurs interfaces, comme le défilement infini, les flux hautement personnalisés ou la lecture automatique des vidéos. Pakosta veut aller plus loin. Elle réclame que les recommandations européennes sur la protection des mineurs en ligne deviennent obligatoires. Aujourd’hui, elles ne sont pas contraignantes. Demain, elles forceraient chaque réseau social à faire de la sécurité des enfants une priorité structurelle, et plus une simple option.
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