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Elle a gagné à l’Est, maintenant l’extrême droite allemande veut Berlin

Dans une région de l’ex-RDA, l’AfD a infligé une déroute historique aux conservateurs. Son objectif est désormais national, faire tomber Friedrich Merz et…

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Elle a gagné à l’Est, maintenant l’extrême droite allemande veut Berlin

Dans une région de l’ex-RDA, l’AfD a infligé une déroute historique aux conservateurs. Son objectif est désormais national, faire tomber Friedrich Merz et conquérir la chancellerie.

Dimanche, la Saxe-Anhalt a basculé. Le parti Alternative pour l’Allemagne y a récolté près de 44% des voix, laissant la CDU du chancelier Friedrich Merz loin derrière à 17%. Il ne manque à l’AfD que trois sièges pour obtenir la majorité absolue dans cette région de l’ancienne Allemagne de l’Est. Les discussions pour former un gouvernement ont déjà commencé, une première pour l’extrême droite allemande depuis 1945.

Le parti antimigrants et prorusse veut maintenant capitaliser sur ce succès. Alice Weidel, sa co-cheffe, a attaqué frontalement le chancelier, assurant qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait été plus impopulaire. Elle vise même 40% des voix aux prochaines législatives de 2029. Son lieutenant local, Ulrich Siegmund, va plus loin en réclamant une chancelière Alice Weidel. Friedrich Merz, lui, s’est tu dans un premier temps. Il devait s’exprimer lundi après-midi, avec la pression d’une coalition déjà fragile et des rumeurs de remplacement qui circulent dans son propre camp.

Cette victoire inquiète dans un pays marqué par le poids du passé nazi. Beaucoup voient dans l’AfD une formation proche des mouvances néonazies, et la classe politique a longtemps tenté de l’isoler. Charlotte Knobloch, figure de la communauté juive allemande, dit vivre un cauchemar. Dans la rue, un jeune ressortissant indien venu pour un entretien d’embauche confie sa peur de voir les étrangers attaqués. La société allemande retient son souffle face à cette normalisation.

Le camp d’Ulrich Siegmund explore plusieurs pistes pour gouverner. Il pourrait tenter de séduire des élus conservateurs ou s’appuyer sur la tolérance du BSW, une formation de gauche prorusse. Le responsable local met aussi en avant le soutien du milliardaire américain Elon Musk, comme pour prouver que l’étranger ne tournera pas le dos à la région. Pendant ce temps, Alice Weidel tend une main aux conservateurs, qui refusent pour l’instant toute alliance avec son parti.

L’avenir politique de Friedrich Merz se joue à très court terme. Arrivé au pouvoir en mai 2025 avec la promesse de contenir l’AfD, il enchaîne les déboires entre une économie atone, la crise industrielle et les tensions internationales. Deux élections régionales sont déjà attendues en septembre dans l’Est, où les sondages placent encore l’AfD en tête. À Berlin, le rapport de force entre conservateurs, extrême droite et gauche radicale est si serré qu’aucune issue ne semble écrite.

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