Politique
Édouard Philippe veut un état d’urgence contre les trafiquants de drogue
Édouard Philippe est allé à la rencontre d’un maire menacé par la DZ Mafia pour dévoiler son arsenal antinarcotrafic. Un état d’urgence dédié et le…

Édouard Philippe est allé à la rencontre d’un maire menacé par la DZ Mafia pour dévoiler son arsenal antinarcotrafic. Un état d’urgence dédié et le recours à la reconnaissance faciale sont dans son viseur.
Édouard Philippe avait choisi un décor chargé pour cette prise de parole à Alès, dans le Gard. La ville est dirigée par Christophe Rivenq, un élu personnellement visé par les trafiquants. En juillet, il a reçu une enveloppe contenant deux balles. Des inscriptions menaçantes ont également été taguées sur le mur de sa propriété, signées DZ NG, une possible scission de l’organisation criminelle marseillaise. C’est dans ce climat que le candidat à la présidentielle a voulu montrer sa fermeté.
L’ancien Premier ministre décrit le narcotrafic comme une vague qui s’abat sur le pays. Selon lui, aucun milieu social, aucun métier, aucun territoire n’est épargné. Sa réponse passe par un dispositif d’exception inspiré de la lutte contre le terrorisme. Son état d’urgence spécial donnerait à une ville ou une agglomération, pour une durée limitée, le pouvoir de prendre des mesures administratives. Cela ouvrirait la porte à des perquisitions hors du cadre judiciaire classique et à l’utilisation d’outils technologiques inhabituels, comme la reconnaissance faciale.
Édouard Philippe veut aussi élargir le fichier S aux acteurs de la chaîne financière, bancaire et administrative. L’idée est simple. Les personnes soupçonnées d’être liées à un trafic seraient identifiées par tous ces services, afin de pouvoir surveiller leurs avoirs. Il propose en outre que les juges puissent prononcer des peines complémentaires privant les personnes impliquées de la solidarité nationale, comme le RSA ou les allocations. Les agents publics qui consomment des stupéfiants devraient, eux, être signalés aux autorités. Un professeur ou un chauffeur de train qui prend de la drogue, insiste-t-il, c’est inacceptable.
Christophe Rivenq, qui a accompagné Édouard Philippe toute la journée, juge ces mesures de bon sens. Il assure que sa ville est beaucoup moins insécure que d’autres. Alès et Le Havre partagent pourtant une histoire commune. Ce sont d’anciennes cités minières marquées par la désindustrialisation et la précarité.
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