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Le cinéma mondial serre les rangs face à l’IA et aux plateformes

Industriels, artistes et gouvernements ont planché une journée entière pour sauver le cinéma de la crise. Les engagements sont là, mais leur portée réelle…

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Le cinéma mondial serre les rangs face à l'IA et aux plateformes

Industriels, artistes et gouvernements ont planché une journée entière pour sauver le cinéma de la crise. Les engagements sont là, mais leur portée réelle reste en suspens.

Le sommet Lumière s’est tenu à Saint-Paul-de-Vence, dans le cadre prestigieux de la Fondation Maeght. Il a réuni environ 220 acteurs du cinéma mondial, venus de 65 pays. Des studios hollywoodiens aux plateformes de streaming, des exploitants de salles nigérians ou mexicains aux créateurs de jeux vidéo, tous étaient là pour parler d’une même voix. Leur inquiétude est profonde. En cinq ans, la fréquentation des cinémas a chuté de 40%. L’intelligence artificielle ajoute une menace de plus sur le sort des auteurs et des œuvres.

Emmanuel Macron a ouvert les débats par un constat sans détour. Le secteur de l’image animée connaît sans doute ses bouleversements les plus importants, a dit le président français. Il a appelé le monde du cinéma à se donner une réponse collective. Son homologue sud-coréen Lee Jae Myung a enfoncé le clou. À ses yeux, une inaction totale mènerait tout droit à une crise. La Corée du Sud est associée à la France pour organiser cette réunion. Les deux gouvernements ont annoncé un fonds commun d’un milliard d’euros pour le cinéma indépendant. D’autres mesures ont suivi, comme un dispositif international de soutien aux films hors des grands circuits et un appel à préserver le patrimoine cinématographique.

L’intelligence artificielle a très vite dominé les échanges. Les modèles d’IA générative ont été accusés de piller les films et les séries. Macron a estimé qu’il serait grave de laisser cette technologie se substituer aux créateurs. Lee Jae Myung a appelé à un développement plus responsable. Mais les grandes entreprises d’IA ne s’étaient pas déplacées. YouTube était également absent de l’événement. Le patron de TF1, Rodolphe Belmer, a utilisé une image forte pour parler de cette plateforme. Pour lui, YouTube est l’éléphant dans la pièce, car elle profite du marché publicitaire sans avoir les obligations de financement de la création française. Il en tire une conclusion limpide. Les règles doivent être les mêmes pour tout le monde.

Le sommet s’est achevé sur une déclaration adoptée par 120 participants. Ce texte porte le nom de déclaration Lumière et rassemble des engagements, mais il n’a aucune force contraignante. Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, y voit malgré tout un succès. Pour lui, le simple fait d’avoir réuni tant d’acteurs décisifs dans un lieu aussi symbolique est déjà une victoire. Rosalie Brun, qui représente la Société des réalisateurs de films, se montre plus réservée. Elle salue les paroles d’Emmanuel Macron mais veut vérifier que les décisions annoncées profiteront à toute la chaîne de création, pas seulement aux grands groupes.

Le rendez-vous avait aussi sa part de stars. George Clooney a apporté son aura quelques jours après la Mostra de Venise. D’autres grands noms, dont Pedro Almodovar et Juliette Binoche, ont soutenu à distance le lancement d’Iris. Cette nouvelle organisation veut former un réseau mondial de solidarité pour le cinéma indépendant, avec un budget de 30 millions d’euros. La présidence française précise qu’Iris aura vocation à fonctionner en permanence. Enfin, le président du CNC, Gaëtan Bruel, a appelé à une mobilisation comparable à celle pour le climat. Il demande un nouveau multilatéralisme du cinéma et de l’image animée. L’étape de Saint-Paul-de-Vence est franchie. L’avenir dira si ces promesses résisteront aux réalités économiques.

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