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La colère des buralistes monte dans six villes contre la hausse du prix du tabac

Ils ont commencé à se rassembler cette semaine pour dire stop à la hausse automatique du prix des cigarettes. Leur mot d’ordre est un gel de la fiscalité…

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La colère des buralistes monte dans six villes contre la hausse du prix du tabac

Ils ont commencé à se rassembler cette semaine pour dire stop à la hausse automatique du prix des cigarettes. Leur mot d’ordre est un gel de la fiscalité pour protéger leurs commerces et la vie des centres-villes.

À Muret comme à Redon, les premiers rassemblements ont donné le ton. Toute la semaine, les 22 500 buralistes de France sont invités à se faire entendre dans six villes. Leur demande est claire. Ils veulent que cesse l’indexation automatique du prix du tabac sur l’inflation, une mesure introduite par la loi de financement de la Sécurité sociale de 2023. Sans ce changement, expliquent-ils, le paquet de cigarettes augmentera encore mécaniquement au 1er janvier. Cette perspective ne passe plus auprès d’une profession qui dit avoir atteint ses limites.

Le contexte leur donne des arguments. Le paquet coûte déjà plus de 13 euros, ce qui en fait le plus cher d’Europe. Les buralistes redoutent de le voir grimper à 14,50 euros d’ici 2027. Chaque euro supplémentaire, insistent-ils, est un cadeau fait aux trafiquants. Dans le sud de la France, la concurrence de l’Espagne et de l’Andorre est féroce. Là-bas, le tabac se vend à moitié prix. Résultat, les ventes à la sauvette se multiplient et les bureaux de tabac voient leur fréquentation chuter. La profession évalue ses pertes à 30 % du chiffre d’affaires, tandis que l’État perdrait cinq milliards d’euros à cause du trafic.

Face à cette situation, certains choisissent d’innover plutôt que de subir. En Ariège, une buraliste a transformé son commerce en salon de thé pour attirer une nouvelle clientèle, malgré la forte concurrence andorrane. Ses collègues espèrent que ce type d’initiative sera soutenu. Leur patience est épuisée. Ils disent avoir multiplié les alertes et les propositions sans résultat. Pour eux, le point de bascule est atteint.

La classe politique commence à les entendre. Marine Le Pen et le Rassemblement national défendent l’idée d’un gel des taxes sur le tabac. Ils mettent en avant le rôle social des bureaux de tabac dans les petites communes. D’autres rassemblements sont prévus dans les prochains jours, notamment dans le Rhône, le Bas-Rhin et les Bouches-du-Rhône. Le plus important devrait se tenir vendredi à Vernon, dans l’Eure, ville dont Sébastien Lecornu, le Premier ministre, est adjoint au maire.

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