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Paris crée une école pour ses animateurs après les accusations de violences sexuelles

Face aux plaintes de familles et aux enquêtes en cours, la mairie de Paris lance une formation obligatoire de 100 heures pour ses animateurs…

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Paris crée une école pour ses animateurs après les accusations de violences sexuelles

Face aux plaintes de familles et aux enquêtes en cours, la mairie de Paris lance une formation obligatoire de 100 heures pour ses animateurs périscolaires. Une réponse jugée insuffisante par les syndicats.

La Ville de Paris passe à l’action. Emmanuel Grégoire, le nouveau maire socialiste, a ouvert une structure inédite dédiée à la formation des animateurs qui travaillent dans les écoles de la capitale. Ce secteur est secoué depuis plusieurs mois par des affaires de violences sexuelles et par des plaintes déposées par des familles contre la municipalité. Ce centre, installé dans le XIIIe arrondissement, doit accueillir les 3 000 animateurs titulaires et contractuels de la filière pour un parcours de 100 heures désormais obligatoire. L’édile rappelle aussi sa promesse d’embaucher 2 000 agents supplémentaires dans les prochaines années, alors que la profession subit une forte précarité.

Cette école du périscolaire prévoit de former 500 animateurs à hauteur de 100 heures chacun, selon sa directrice Isabelle Cordier. La mairie veut également élargir l’accès au BAFA, ce diplôme qui n’est pas exigé pour travailler et qui pourrait pourtant servir de socle commun. Mais les syndicats restent sceptiques. Pour Eric Leclerc du Supap-FSU, ces formations ne délivrent aucun diplôme et leur portée réelle reste floue. Alexandre Herzog de la CGT abonde et doute d’un vrai changement qualitatif. Depuis février, les 14 000 animateurs parisiens, y compris les vacataires, doivent déjà suivre un module de 48 heures sur la prévention des violences sexuelles et des violences éducatives ordinaires.

Emmanuel Grégoire défend cette démarche en distinguant deux réalités. D’un côté, la protection des enfants face aux violences. De l’autre, le risque de pédocriminalité, qui ne relève pas selon lui d’une simple question de statut ou de formation. Il estime que ce module de 48 heures permet au moins de repérer les personnes inaptes à exercer. Le maire avait annoncé en avril un plan de 20 millions d’euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire, présenté comme la priorité de son mandat. Il affirme aujourd’hui que cette somme est déjà dépassée et promet d’engager tous les moyens nécessaires pour professionnaliser un secteur en sous-effectif. Les chiffres donnent la mesure de la crise. Depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales concernent des écoles et des crèches de la capitale. Vendredi, une quinzaine de familles ont annoncé leur intention de porter plainte contre la Ville et contre le maire, mais aussi contre Anne Hidalgo, son ancienne adjointe. Emmanuel Grégoire assure qu’il répondra aux questions des sénateurs lors de son audition à la mi-septembre.

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