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Mistral empoche 3 milliards d’euros et secoue la hiérarchie de l’IA

La pépite française de l’intelligence artificielle a bouclé le tour de table le plus important jamais réalisé par une entreprise technologique européenne…

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Mistral empoche 3 milliards d’euros et secoue la hiérarchie de l’IA

La pépite française de l’intelligence artificielle a bouclé le tour de table le plus important jamais réalisé par une entreprise technologique européenne non cotée. Cet argent doit lui permettre de tenir tête aux géants américains.

Il y a les promesses et il y a les actes. Mistral, née il y a trois ans, vient de réunir 3 milliards d’euros. Sa valorisation atteint environ 21 milliards d’euros. La start-up française présente cette opération comme la plus grosse levée de fonds en capital jamais réalisée par une entreprise technologique non cotée en Europe.

Trois investisseurs portent ce tour de table. PSG Equity, déjà présent au capital, reste dans la course. Samsung Electronics et Scaleup Europe, un fonds adossé à l’Union européenne, font leur entrée. Pour Mistral, ce pactole la hisse au deuxième rang des groupes technologiques privés les mieux valorisés du continent. L’entreprise assure même être celle qui croît le plus vite en Europe.

Cet argent va d’abord servir à la recherche. Mistral veut renforcer ses modèles et financer des travaux de pointe pour lutter contre des concurrents bien plus imposants. Le rapport de force reste écrasant. Anthropic, valorisé autour de 830 milliards d’euros, pèse près de quarante fois plus lourd que la société française. OpenAI atteint, lui, 852 milliards de dollars. Les deux firmes américaines préparent une entrée en Bourse.

Mistral ne renonce pas pour autant à la cote, mais ne fixe aucune date. L’option reste sur la table, explique Johan Bergqvist, le directeur financier. Pour l’heure, aucune discussion concrète n’est engagée.

Le contexte politique donne à cette levée un relief particulier. En juin, les autorités américaines ont restreint l’accès étranger à deux modèles avancés développés par Anthropic. Une décision qui rappelle à l’Europe que les outils d’IA peuvent servir de variable politique. Johan Bergqvist en tire une conviction simple. L’Europe doit garder son propre fournisseur d’IA pour ne pas dépendre de choix extérieurs et rester maîtresse de sa chaîne d’approvisionnement.

Mistral mise sur son modèle ouvert pour exister dans ce paysage. Ses clients peuvent télécharger et adapter ses modèles sur leurs propres serveurs. Ils sont déjà plus de 125. Le chiffre d’affaires annuel récurrent doit atteindre le milliard de dollars d’ici la fin de l’année, avec une demande particulièrement forte en Asie et en Amérique du Nord. Microsoft, qui s’était engagé en juillet à investir massivement dans l’infrastructure européenne de Mistral, n’a pas pris part à ce tour de table. La route vers les sommets reste longue, mais la donne, elle, vient de changer.

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