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Abaya à l’école, la promesse des Insoumis qui relance une guerre politique

La France insoumise promet d’abroger l’interdiction de l’abaya à l’école si elle gagne la présidentielle. Ses adversaires crient à la trahison de la…

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Abaya à l'école, la promesse des Insoumis qui relance une guerre politique

La France insoumise promet d’abroger l’interdiction de l’abaya à l’école si elle gagne la présidentielle. Ses adversaires crient à la trahison de la laïcité et la polémique repart de plus belle.

Tout est parti d’une robe longue. Mathilde Panot, cheffe des députés de La France insoumise, raconte une scène qui l’a marquée. Deux jeunes filles arrivent à l’école avec exactement le même vêtement, acheté au même endroit. Pourtant, l’une des deux se voit refuser l’entrée parce qu’elle a l’air arabe. Pour l’élue, cette histoire résume l’absurdité de l’interdiction de l’abaya. Alors qu’on l’interroge sur l’idée d’abroger cette règle si les Insoumis gagnaient la présidentielle, sa réponse fuse. Oui, sans hésitation.

Cette seule phrase remet le sujet au centre du jeu politique. Marine Le Pen accuse les Insoumis de servir l’idéologie islamiste et de prendre en otage les Français musulmans. Elle dénonce une gauche qui préfère les revendications communautaires à la communauté nationale. Édouard Philippe ne mâche pas ses mots. L’ancien Premier ministre estime que proposer un retour en arrière revient à trahir la laïcité, une règle qui fonctionne et doit rester en l’état. Il dit sa consternation devant des gens qui se réclament de la gauche et veulent, selon lui, piétiner ce principe.

L’offensive vient aussi de celui qui a mis en place l’interdiction de l’abaya à la rentrée 2023. Gabriel Attal, ancien ministre de l’Éducation, voit derrière la promesse insoumise une volonté plus large de casser la loi de 2004, celle qui interdit les signes religieux ostensibles à l’école. Faire tomber ce texte, dit-il, c’est rouvrir la porte au voile dans les classes. Mais la critique se trouve aussi à gauche. Ségolène Royal refuse de rouvrir ce chantier, convaincue que le sujet est clos et que s’en prendre encore aux vêtements des femmes n’apporterait que du stress aux enseignants. LFI n’en démord pas. Danièle Obono martèle que l’abaya n’a aucune signification religieuse et que son interdiction est une discrimination.

Derrière ces passes d’armes, quelques chiffres permettent de cadrer le débat. Sur l’année scolaire 2024-2025, 4% des incidents graves signalés dans les écoles et les établissements étaient liés à des atteintes à la laïcité. Aucun détail ne précise combien de cas concernaient des abayas. Jean-Luc Mélenchon est resté silencieux dans cette passe d’armes, mais il avait déjà livré sa lecture. Des docteurs de la foi musulmane l’affirment, dit-il, l’abaya n’a rien d’une tenue islamiste. Il a aussi reconnu avoir changé d’avis sur le port du voile et parlé d’une erreur terrible pour sa position passée. De quoi rendre ses adversaires très méfiants sur la suite.

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