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Pour la première fois depuis 2009, deux oiseaux de montagne rejoignent les espèces protégées

Le grand tétras et le lagopède alpin ne pourront plus être chassés ou dérangés. Leurs œufs et leurs habitats bénéficient désormais d’une protection…

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Pour la première fois depuis 2009, deux oiseaux de montagne rejoignent les espèces protégées

Le grand tétras et le lagopède alpin ne pourront plus être chassés ou dérangés. Leurs œufs et leurs habitats bénéficient désormais d’une protection intégrale.

La liste des oiseaux protégés en France n’avait pas bougé depuis 2009. Elle vient de s’enrichir de deux noms emblématiques. Le grand tétras, le plus gros oiseau sauvage d’Europe, et le lagopède alpin, aussi appelé perdrix des neiges, ont été classés espèces protégées par un arrêté publié au Journal officiel. Une décision inédite depuis seize ans.

Concrètement, il devient interdit de détruire, de capturer ou d’enlever ces oiseaux. Leurs œufs et leurs nids bénéficient aussi de cette protection. Quant aux sites de reproduction et aux aires de repos, ils ne peuvent être ni détruits, ni altérés, ni dégradés. Les deux espèces rejoignent l’article 3 d’un arrêté pris le 29 octobre 2009. Un texte qui protège déjà plus de 250 oiseaux, du faucon pèlerin au rouge-gorge, sans oublier l’aigle royal, le gypaète barbu, la cigogne blanche ou le martin-pêcheur.

Le constat est préoccupant. Le grand tétras a perdu près de 80 % de ses effectifs dans les Pyrénées depuis 1960. Le lagopède alpin, lui, ne tient plus que par petits groupes isolés dans les Alpes et les Pyrénées. Le Conseil d’État avait d’ailleurs demandé, début mars, la suspension de la chasse au lagopède pour cinq ans. Il jugeait cette pratique incompatible avec la conservation de l’espèce. Ce nouveau statut répond directement à cette exigence.

Plusieurs pressions expliquent cette chute. Le réchauffement climatique réduit progressivement l’habitat naturel de ces oiseaux. Les activités humaines en montagne les dérangent. L’artificialisation des milieux grignote leurs refuges. La ministre de la Transition écologique veut stabiliser les populations, voire espérer une remontée. Elle reconnaît que la tâche sera difficile. Elle mise aussi sur ce statut pour débloquer des financements, notamment européens, et construire un plan de protection sur dix ans. La mesure avait été préparée dès le printemps et soumise à consultation publique du 2 au 23 juillet.

Les associations saluent une avancée nette. Le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, parle d’un petit pas pour l’administration et d’un grand pas pour la protection de la nature. Certaines séquelles restent toutefois visibles. Dans les Vosges, un plan de réintroduction du grand tétras lancé en 2024 a été abandonné après la mort de presque tous les oiseaux relâchés. Ce statut protecteur ne gomme pas les dégâts passés. Mais il offre enfin un cadre juridique et financier pour tenter d’enrayer la chute.

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