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La diplomatie entre Kiev, Moscou et Washington pourrait redémarrer en septembre sous un déluge de frappes sur
Volodymyr Zelensky croit à des discussions tripartites dès l’automne. En attendant, la Russie a rouvert le ciel de Kiev avec une salve meurtrière de…


Volodymyr Zelensky croit à des discussions tripartites dès l’automne. En attendant, la Russie a rouvert le ciel de Kiev avec une salve meurtrière de missiles et de drones.
Le président ukrainien affiche un optimisme mesuré après la visite éclair des émissaires de Donald Trump à Moscou puis à Kiev. Steve Witkoff et Jared Kushner ont tenté de ranimer un dialogue diplomatique qui n’avançait plus depuis février, plus de quatre ans après le déclenchement de l’invasion russe. Selon Volodymyr Zelensky, les Américains ont apporté des idées « tout à fait bonnes » qui méritent d’être étudiées. Il n’en dira pas davantage. Son pays se prépare donc à faciliter une rencontre trilatérale entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis, peut-être dès le mois prochain. Le Kremlin reste plus prudent et répond qu’il ne ferme pas la porte, mais qu’il est encore trop tôt pour parler de lieu et de date.
Il y a pourtant loin des salles de négociation à la réalité du terrain. L’armée russe a rompu une accalmie de trois jours liée à la présence des émissaires américains et a pilonné Kiev dans la nuit. Au moins trois personnes ont été tuées et seize blessées lors de cette attaque massive qui a mobilisé plus de 160 drones et des dizaines de missiles, selon les autorités ukrainiennes. Des immeubles résidentiels, une école, une clinique, des voitures, un supermarché et des entrepôts logistiques portent les marques des frappes. Sur place, les habitants racontent la course vers les abris. Nina Kimova, 55 ans, a vu sa voiture se consumer dans un parking dont les murs tremblaient. Elle se souvient des enfants qui pleuraient, des animaux aussi, et de la peur qui serrait la gorge. À quelques rues de là, Oleksandre Tsvilikhovsky, 26 ans, a observé un entrepôt prendre feu près de son immeuble. Lui aurait préféré que les Américains restent encore un peu.
Côté russe, le ministère de la Défense assure avoir visé des usines de drones et de missiles, des dépôts de munitions et des sites militaires. Les autorités ukrainiennes, elles, ne communiquent presque jamais sur les pertes de leurs infrastructures de défense. Pour le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga, le message envoyé par Vladimir Poutine est limpide. Dès le départ des émissaires de paix, des missiles balistiques se sont abattus sur une ville qui ne dormait que depuis trois jours. Il affirme que ces armes en disent plus que tous les discours diplomatiques. Volodymyr Zelensky, lui, insiste sur un besoin criant de défense antiaérienne. Le Royaume-Uni a annoncé une enveloppe de 100 millions de livres, près de 116 millions d’euros, pour financer notamment des systèmes Patriot. Le président ukrainien le reconnaît lui-même, les missiles de croisière sont plutôt bien interceptés, mais les missiles balistiques restent un casse-tête.
Les deux pays continuent par ailleurs de s’échanger des frappes à longue portée sur les sites énergétiques, logistiques et portuaires, avec la mer Noire comme ligne de front parallèle. Volodymyr Zelensky rapporte que Vladimir Poutine aurait fait savoir aux émissaires américains qu’il est prêt à évoquer une désescalade pour l’hiver, une désescalade qui pourrait se traduire par un arrêt des frappes sur des secteurs stratégiques. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a toutefois balayé une proposition turque de cessez-le-feu en mer Noire, la jugeant irréaliste et impossible à surveiller. Les signaux restent donc contradictoires, et l’Ukraine redoute une nouvelle saison froide sous les bombes, son réseau électrique ayant déjà été durement touché par le passé. La possibilité d’une table de négociation à l’automne offre une lueur, mais la capitale vient de rappeler à quel point la guerre reste une affaire de chair, de sang et de gravats.
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