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Un an après la révolte qui a fait tomber le gouvernement népalais, la jeunesse demande des comptes

Le 8 septembre 2025, des milliers de Népalais sont descendus dans la rue pour dire stop au blocage d’Internet et à la corruption. Un an plus tard, les…

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Un an après la révolte qui a fait tomber le gouvernement népalais, la jeunesse demande des comptes

Le 8 septembre 2025, des milliers de Népalais sont descendus dans la rue pour dire stop au blocage d’Internet et à la corruption. Un an plus tard, les proches des victimes et les survivants se rassemblent devant le Parlement encore en ruines pour vérifier si le sacrifice a servi à quelque chose.

Ils étaient des dizaines, mardi, à se presser devant les murs noircis du Parlement de Katmandou. Des parents, des amis, des jeunes gens marqués par les manifestations de l’année dernière. Tous venus rendre hommage aux 76 personnes tuées et aux plus de 2600 blessés des 8 et 9 septembre 2025. L’édifice, incendié pendant la révolte, n’a toujours pas été reconstruit. Il reste comme un symbole de cette journée où la Génération Z népalaise a réussi à faire tomber le pouvoir.

Le mouvement était parti d’un ras-le-bol. Des milliers de jeunes avaient envahi les rues de la capitale et d’autres villes pour protester contre la coupure des réseaux sociaux imposée par les autorités et contre la corruption des élites. La répression avait été d’une violence rare. Mais elle n’a pas empêché l’issue politique. Le gouvernement de KP Sharma Oli a fini par démissionner, laissant la place à une transition menée par Sushila Karki.

Aastha Shrestha, 23 ans, était dans la rue ce jour-là. Elle dit avoir perdu des camarades dans cette mobilisation, mais elle voit aussi des avancées concrètes. À ses yeux, les dirigeants actuels reconnaissent enfin le sacrifice consenti par sa génération. Un constat que partage en partie le nouveau Premier ministre, Balendra Shah. Cet ancien rappeur de 36 ans, passé par la mairie de Katmandou avant de remporter les législatives de mars, a salué mardi la contribution inestimable des martyrs. Il a appelé le pays à construire un avenir plus juste et plus transparent, en mariant l’expérience des anciens aux attentes de la jeunesse.

Sushila Karki, qui dirige le gouvernement de transition, a elle aussi rendu hommage aux personnes courageuses qui ont perdu la vie. Elle a lancé un appel aux responsables politiques pour qu’ils accomplissent leurs tâches avec honnêteté et vigilance. Son objectif est clair. Que les citoyens n’aient plus jamais besoin de descendre dans la rue pour se faire entendre.

Mais sur le terrain, le ressentiment reste vif. En avril, une commission d’enquête sur la répression a recommandé des poursuites pénales contre de hauts responsables, dont l’ancien Premier ministre KP Sharma Oli. Pourtant, aucun d’entre eux n’a réellement eu à répondre de ses actes. Anish Acharya, 19 ans, ne mâche pas ses mots. Il demande à voix haute ce que ces manifestations ont vraiment changé. Il dit ne voir aucun espoir de changement concret et dénonce un gouvernement qui n’aurait pas su reconnaître les sacrifices ni répondre aux revendications de la jeunesse.

Cet anniversaire intervient dans un climat déjà très lourd pour le Népal. La crue meurtrière du 26 août a fait au moins 1399 morts et plus de 5500 disparus à la frontière avec la Chine. Une tragédie qui s’ajoute au deuil des familles des manifestants. Un pays qui pleure, une jeunesse qui interroge. Et un gouvernement sommé de prouver que la révolution de septembre n’a pas été vaine.

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