Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

Poutine et Trump parlent d’une trêve pendant que Moscou bombarde Kiev

Les deux présidents ont passé une heure au téléphone pour évoquer l’Ukraine, mais les frappes sur Kiev ne se sont pas arrêtées. La diplomatie semble…

Article

le

Poutine et Trump parlent d'une trêve pendant que Moscou bombarde Kiev

Les deux présidents ont passé une heure au téléphone pour évoquer l’Ukraine, mais les frappes sur Kiev ne se sont pas arrêtées. La diplomatie semble avancer, le terrain continue de brûler.

La guerre et la négociation avancent en parallèle, sans jamais vraiment se rejoindre. Vladimir Poutine et Donald Trump ont eu un entretien téléphonique de près d’une heure mardi, entièrement consacré à l’Ukraine. Moscou décrit un échange mené avec une « extrême franchise ». Volodymyr Zelensky assure de son côté que des négociateurs russes, ukrainiens et américains pourraient bientôt se réunir pour chercher une issue pacifique. Mais la Russie tempère les espoirs, en estimant lundi qu’il était encore trop tôt pour envisager une rencontre concrète.

Cet appel ne sort pas de nulle part. Les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont enchaîné les déplacements à Moscou et à Kiev pendant le week-end. Leur objectif était de relancer les efforts américains pour arrêter les combats, restés au point mort depuis longtemps, et d’imaginer de nouvelles discussions en face à face entre les deux belligérants. Lors de leur conversation, les deux présidents se sont concentrés sur un règlement en Ukraine, selon Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin. Donald Trump aurait appelé à une fin rapide des opérations militaires. Vladimir Poutine aurait plutôt livré une « analyse objective et détaillée » de la situation sur le front, tout en répétant que la Russie n’avait « aucun plan agressif » contre l’Europe.

Volodymyr Zelensky veut croire à une dynamique. Il affirme que les envoyés américains ont apporté des propositions nouvelles qu’il juge « tout à fait bonnes » et dignes d’être étudiées. Sans les détailler, le président ukrainien se dit prêt à faciliter une rencontre trilatérale entre Kiev, Moscou et Washington, peut-être dès septembre. Moscou reste plus réservé, même si le Kremlin salue les visites des émissaires américains et assure que le travail va se poursuivre.

Sur le terrain, la réalité est moins diplomatique. Un bref cessez-le-feu avait accompagné la venue des Américains à Kiev. Puis, dans la nuit, l’armée russe a de nouveau pilonné la capitale ukrainienne avec au moins 166 drones et des dizaines de missiles. Les autorités locales recensent au moins cinq morts et 25 blessés. Des habitants ont couru se réfugier dans les stations de métro et les sous-sols. Nina Kimova, 55 ans, se souvient d’un parking qui tremblait de partout et d’enfants en larmes. Oleksandre Tsvilikhovsky, 26 ans, a vu un entrepôt brûler près de chez lui, et lâche son amertume en assurant qu’il aurait préféré que les Américains restent.

Le ministère russe de la Défense affirme avoir frappé des usines de composants de drones et de missiles, des dépôts de munitions et des entrepôts militaires. L’Ukraine ne communique presque jamais sur les dégâts subis par ses installations militaires. Volodymyr Zelensky, lui, réclame encore plus de défense antiaérienne et espère rencontrer Donald Trump après le 20 septembre pour en parler. Le Royaume-Uni et l’Allemagne ont déjà annoncé leur intention d’envoyer d’urgence de nouveaux missiles Patriot à l’Ukraine, les seuls capables d’intercepter les projectiles russes les plus avancés.

Les discussions peinent à se traduire par une vraie pause. Russes et Ukrainiens sont engagés depuis des mois dans une escalade de frappes à longue portée contre les sites énergétiques, logistiques et portuaires. Mardi, la diplomatie russe a même écarté une proposition turque pour arrêter les attaques en mer Noire, jugée irréaliste et impossible à surveiller. La table des négociations existe, mais chaque jour de retard s’écrit en explosions.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus