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L’Europe veut garder sa place dans l’espace, entre les États-Unis et la Chine

Alors que Paris accueille un sommet spatial dédié au multilatéralisme, le ministre de l’Espace Philippe Baptiste défend une vision européenne forte, sans…

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L’Europe veut garder sa place dans l’espace, entre les États-Unis et la Chine

Alors que Paris accueille un sommet spatial dédié au multilatéralisme, le ministre de l’Espace Philippe Baptiste défend une vision européenne forte, sans nier les erreurs passées.

Si les géants privés américains Blue Origin et SpaceX brillent par leur absence, le message de Paris est clair. L’espace ne se laisse pas dominer par un seul pays ni une seule entreprise. Philippe Baptiste l’assure sans détour, l’espace n’est pas une zone de non-droit aux mains d’une nation ou d’un homme richissime. Il appartient à toute l’humanité et doit faire l’objet d’un vrai partage, encadré et négocié. C’est le cœur du sommet qui se tient mercredi et jeudi à Paris.

Mais l’Europe doit-elle se contenter de belles intentions face aux mastodontes américains et chinois ? Pour le ministre, elle a des atouts concrets à faire valoir. Il rappelle qu’Ariane 6 attire déjà de grandes entreprises américaines, grâce à sa fiabilité et sa précision. Il met aussi en avant Galileo, le système européen de positionnement, souvent moins connu que le GPS américain alors qu’il compte trois milliards d’utilisateurs et offre une précision inégalée. Son constat reste pourtant lucide. L’Europe a raté des rendez-vous technologiques majeurs, comme les lanceurs réutilisables ou les constellations de satellites. Les budgets américains pèsent huit fois plus lourds. Alors plutôt que de copier, il faut choisir, fixer des priorités et décider où une autonomie totale est indispensable.

Le dialogue avec l’Allemagne, co-organisatrice du sommet, est lui aussi marqué par des tensions réelles. Philippe Baptiste préfère les reconnaître que les masquer. Les désaccords portent principalement sur la répartition du travail industriel, sur le calendrier et le rythme des projets, mais jamais sur l’ambition commune. Tout le monde s’accorde sur un principe simple, acheter des lanceurs européens pour des satellites européens. C’est déjà la règle chez les Chinois ou les Américains. L’Europe doit faire de même.

Reste la question sensible des vols habités. Elle est profondément politique. L’Europe a longtemps collaboré avec la Russie, avec les États-Unis, avec l’Agence spatiale européenne, mais elle n’a jamais revendiqué sa propre capacité à envoyer des astronautes ou à posséder une station spatiale. Le prix de cette autonomie serait élevé, mais les retombées ne se mesurent pas seulement en milliards. Thomas Pesquet ou Sophie Adenot ne servent pas uniquement la recherche. Ils parlent aux citoyens, aux jeunes, et leurs récits de l’espace rappellent à quel point la Terre est fragile. Pour le ministre, ces voix créent des vocations et donnent de l’espoir. Une valeur difficile à chiffrer, mais peut-être la plus importante.

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