Monde
En Gambie, les coupures d’électricité poussent la rue à réclamer le départ du président
D’abord las des coupures d’électricité, les Gambiens sont descendus dans la rue et ont réclamé le départ du président. La crise énergétique, qui dure…


D’abord las des coupures d’électricité, les Gambiens sont descendus dans la rue et ont réclamé le départ du président. La crise énergétique, qui dure depuis plusieurs mois, devient un bras de fer politique à l’approche de l’élection de décembre.
Quand l’électricité manque depuis des semaines, la patience finit par s’épuiser. En Gambie, des milliers d’habitants l’ont montré pendant une nuit de manifestations à Banjul et dans les communes alentour. Des pneus ont brûlé dans les carrefours. Des routes se sont retrouvées barrées avec des bidons et des détritus. Les slogans, eux, ont glissé du ras-le-bol énergétique vers une critique frontale du pouvoir. « Barrow doit partir », ont scandé les manifestants.
Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest est confronté à une grave crise de l’électricité depuis le mois de juin. Les coupures de courant peuvent durer plusieurs jours, en pleine chaleur. Les habitants perdent l’usage du ventilateur et du réfrigérateur, des équipements précieux quand le thermomètre grimpe. La compagnie nationale d’électricité et d’eau explique cette situation par une demande qui explose et par des difficultés sur ses importations. Elle a annoncé qu’elle couperait le courant aux heures de pointe, là où la consommation est maximale. Mais cela n’a pas apaisé les tensions.
Le mouvement s’est durci quand des manifestants ont tenté de marcher vers le siège de l’entreprise publique, situé dans la banlieue de Banjul. Les forces de l’ordre ont répondu par des gaz lacrymogènes. Face à la pression, le président Adama Barrow a déprogrammé une inauguration de route pour se rendre dans les locaux de la compagnie. Sur place, il a évoqué une urgence nationale. Le chef de l’État a demandé l’aide de chaque Gambien. Le ministre de l’Information a lui aussi reconnu que la colère et les difficultés étaient réelles, promettant une prise en charge rapide par le gouvernement.
La contestation arrive à un moment délicat. L’élection présidentielle est prévue en décembre et Adama Barrow brigue un troisième mandat. La question électrique, qui touche l’ensemble du pays, pourrait bien s’inviter au cœur de la campagne. Le pouvoir promet des réponses. Mais dans les rues, les Gambiens veulent des actes concrets, pas seulement des mots.
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