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Des frappes israéliennes en Syrie pourraient être qualifiées de crimes de guerre, selon l’ONU
Une commission d’enquête de l’ONU estime que les opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie ont peut-être franchi la ligne rouge.…


Une commission d’enquête de l’ONU estime que les opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie ont peut-être franchi la ligne rouge. Détentions, destructions et entraves à la libre circulation sont documentées depuis la chute de Bachar al-Assad.
Depuis que Bachar al-Assad a été chassé du pouvoir par les islamistes en décembre 2024, l’aviation israélienne pilonne le territoire syrien. Des centaines de frappes ont visé des infrastructures militaires. Dans le même temps, des soldats israéliens se sont déployés dans la zone tampon du plateau du Golan, un secteur surveillé par l’ONU qui séparait les forces syriennes et israéliennes depuis 1967. Israël affirme vouloir y maintenir une zone de sécurité. Mais les enquêteurs internationaux décrivent une tout autre réalité.
Une experte de la commission d’enquête des Nations unies a présenté ses constats aux diplomates réunis à Genève. Elle observe une activité militaire qui s’intensifie et s’installe durablement dans le sud de la Syrie. Raids à répétition, fouilles systématiques, patrouilles continuelles. Des points de contrôle temporaires et des bases permanentes ont été installés sur le sol syrien. Les habitants, eux, subissent des interrogatoires et des détentions en nombre. Des centaines de personnes ont été arrêtées, y compris des mineurs. La commission a recensé au moins 49 détenus sur le territoire syrien, dont deux enfants, qui ont vraisemblablement été transférés au-delà de la frontière.
De tels agissements pourraient constituer des crimes de guerre, affirment les enquêteurs. Ils rappellent qu’une puissance occupante a des obligations juridiques très claires. Elle doit protéger les civils, garantir l’accès aux soins, permettre à chacun de vivre et de se déplacer librement. Or le rapport constate tout le contraire. Des maisons détruites, des barrières qui empêchent les gens de rentrer chez eux, des moyens de subsistance anéantis. En territoire occupé, ces destructions sont interdites sauf en cas de nécessité militaire impérieuse dûment démontrée. Une condition qui n’est pas remplie selon l’ONU.
La commission élargit ensuite le regard à l’ensemble du pays. L’espace civique reste fragile, les violences basées sur le genre persistent et plusieurs régions demeurent instables. Les enquêteurs réclament aussi des comptes sur les violences survenues sur la côte et dans l’ouest de la Syrie au début de 2025, ainsi qu’à Soueïda en juillet dernier. Un rapport plus complet doit être présenté au Conseil des droits de l’homme au printemps prochain.
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