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Le jour où New York a enfin arrêté de se taire sur l’air de Ground Zero

Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, la ville publie des milliers de documents internes. Ils montrent que les autorités savaient que l’air…

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Le jour où New York a enfin arrêté de se taire sur l'air de Ground Zero

Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, la ville publie des milliers de documents internes. Ils montrent que les autorités savaient que l’air était toxique, mais ont choisi de rassurer le public pour protéger leurs propres intérêts.

C’est une page d’histoire qui s’ouvre, et elle est loin d’être propre. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé mardi la mise en ligne de dizaines de milliers de documents officiels. Ces papiers, près de 173.000 au total, racontent une tout autre version de l’après-11-Septembre. Ils dévoilent ce que la ville connaissait de la pollution autour de Ground Zero, à quel moment exactement, et surtout comment elle a agi pour limiter les risques juridiques plutôt que d’avertir la population. « Des gens sont tombés malades parce que les dirigeants auxquels ils faisaient confiance leur ont menti », a résumé le maire lors d’une conférence de presse.

Cette publication ne doit rien au hasard. Elle intervient après un accord judiciaire avec l’association 9/11 Health Watch, qui défend les victimes et avait saisi la justice pour forcer la ville à sortir ses archives. L’enjeu est vital pour des milliers de familles. Aux 2.977 morts du jour des attentats s’ajoutent plus de 9.400 personnes décédées depuis de maladies liées à l’exposition aux poussières et aux fumées. Des cancers, des affections respiratoires, des pathologies qui frappent encore aujourd’hui d’anciens résidents, travailleurs et secouristes. Le nuage initial provoqué par l’effondrement des tours n’était que le début. Pendant des mois, des particules toxiques ont recouvert les rues, les rebords de fenêtres et les climatiseurs du sud de Manhattan.

Certains documents publiés mettent en cause deux anciens maires, Rudy Giuliani et Michael Bloomberg. L’un était en poste au moment des attaques, l’autre a pris le relais en 2002. D’après l’avocat en chef de la ville, Steven Banks, des échanges internes datant de l’administration Giuliani portaient déjà sur la responsabilité juridique de la ville et les risques sanitaires. Un autre dossier concerne des informations transmises au Congrès sous Bloomberg, à propos des inquiétudes des habitants du sud de Manhattan sur la qualité de l’air. Interrogé pour savoir qui avait sciemment caché la vérité, Zohran Mamdani n’a pas donné de noms. Il a simplement évoqué « un grand nombre de personnes auxquelles les New-Yorkais ont fait confiance ».

Le comédien Jon Stewart, devenu une figure du combat pour les victimes, était présent et n’a pas mâché ses mots. « Tout le monde le savait », a-t-il lancé. « Nous qui vivions dans le sud de Manhattan, nous savions que l’air et le sol étaient toxiques. Et il apparaît désormais clairement que la ville le savait aussi. » Ben Chevat, directeur de l’association 9/11 Health Watch, a salué un geste inédit après un quart de siècle de silence. Pour lui, cette réponse arrive enfin à la question que les victimes posent depuis 2001. Que savait la ville des dangers du nuage toxique, et quand l’a-t-elle su ? Les documents vont continuer d’être publiés sur douze mois. Chaque pièce ajoutera une pièce au puzzle d’une tragédie sanitaire qui a transformé la vie de dizaines de milliers d’Américains.

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