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Nouvelle salve de Trump contre le Canada, des motos jusqu’au papier toilette

Washington interdit certains produits canadiens et impose 50% de droits de douane sur une autre liste. La guerre commerciale entre les deux voisins…

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Nouvelle salve de Trump contre le Canada, des motos jusqu’au papier toilette

Washington interdit certains produits canadiens et impose 50% de droits de douane sur une autre liste. La guerre commerciale entre les deux voisins s’enlise, et Ottawa refuse de plier.

Donald Trump ne relâche pas la pression. Il a signé une salve de décrets qui ferment la frontière américaine à plusieurs produits venus du Canada, tout en alourdissant la facture pour d’autres. À partir du 29 septembre, les boissons alcoolisées canadiennes, le lactosérum et les motos de plus de 800 centimètres cubes seront refusés à l’entrée des États-Unis. Dès le 15 septembre, une autre liste passera à 50% de droits de douane, avec les matelas, les bateaux à moteur et le matériel de golf. Le papier toilette canadien, lui, échappe à cette surtaxe. Une exception rare dans cette escalade douanière.

Cette escalade ne tombe pas du ciel. Le Canada venait d’imposer de nouveaux droits de douane sur des produits américains pour répondre aux surtaxes imposées le 22 août sur les exportations canadiennes. Un responsable américain affirme que les Canadiens avaient été prévenus que cette réaction allait envenimer les choses. Donald Trump justifie l’interdiction des boissons alcoolisées par un boycott qu’il juge discriminatoire contre les alcools américains. Depuis l’an dernier, les vins et spiritueux des États-Unis ont déserté les étals de la plupart des provinces canadiennes, qui ont le monopole de leur vente. S’ajoutent les appels répétés de Trump à faire du Canada le 51e État américain et son décret rebaptisant le lac Ontario en lac Amérique. De son côté, le ministre canadien Dominic LeBlanc, chargé des relations bilatérales, assure que son pays évalue ces mesures injustifiées et reste en contact avec le représentant américain au Commerce.

Aucune issue ne semble se dessiner. Le premier ministre canadien Mark Carney a prévenu que la stratégie de son gouvernement pour réduire la dépendance envers les États-Unis aurait un coût économique à court terme. Dans une vidéo publiée sur YouTube, il a ajouté que le coût de l’immobilisme serait bien plus lourd. L’opinion publique canadienne le soutient, mais le calcul est osé. Environ 60% des importations du Canada viennent des États-Unis et près de 70% de ses exportations prennent la direction du voisin américain. Le bras de fer s’étend aussi aux commandes publiques. Donald Trump a écrit sur Truth Social avoir demandé le retrait des produits canadiens d’un programme de contrats entre des fournisseurs privés et des acheteurs publics. Un juriste spécialisé en droit commercial estime que cette mesure, si elle est mise en œuvre, pourrait pénaliser des exportations jusqu’ici épargnées.

Le conflit commence aussi à mordre sur le terrain politique américain. Le groupe canadien Bombardier, connu pour ses jets privés, a été menacé de boycott. L’entreprise emploie plus d’un millier de personnes au Kansas, et deux sénateurs républicains de cet État sont montés au créneau. Jerry Moran, l’un d’eux, dit avoir contacté l’administration Trump pour s’assurer que le président mesure le rôle de Bombardier dans sa région. Les deux voisins semblent coincés dans un engrenage dont personne ne voit la fin.

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