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François Bayrou rejugé pour détournement de fonds européens, un an après Matignon

Le procès en appel s’ouvre mercredi à Paris dans l’affaire des assistants d’eurodéputés. L’ex-Premier ministre, relaxé en première instance, affiche sa…

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François Bayrou rejugé pour détournement de fonds européens, un an après Matignon

Le procès en appel s’ouvre mercredi à Paris dans l’affaire des assistants d’eurodéputés. L’ex-Premier ministre, relaxé en première instance, affiche sa sérénité.

Le feuilleton judiciaire n’est pas terminé pour François Bayrou. Le patron du MoDem et dix anciens cadres du parti comparaissent à partir de mercredi après-midi devant la cour d’appel de Paris. Ils sont poursuivis pour détournement de fonds publics dans le dossier des assistants d’eurodéputés, une enquête ouverte il y a dix ans. En première instance, l’ancien garde des Sceaux avait été blanchi. Le parquet a fait appel.

Devant les juges, le centriste assure aborder l’audience « avec grande sérénité et grande confiance ». Il n’a pas changé de discours depuis sa relaxe. En début d’année 2024, le tribunal correctionnel avait pourtant condamné le MoDem à une amende de 300 000 euros et l’UDF à 100 000 euros. Plusieurs prévenus avaient écopé de peines d’emprisonnement avec sursis, allant de dix à dix-huit mois, ainsi que d’amendes et d’inéligibilité avec sursis. Les juges avaient relevé que des assistants parlementaires, payés sur des fonds européens, travaillaient en réalité pour le parti. Mais ils n’avaient pas retenu l’existence d’un « système ».

Cette nuance fait toute la différence avec l’affaire du Rassemblement national. Dans ce dossier, Marine Le Pen a été condamnée en première instance puis en appel à de la détention à domicile sous bracelet électronique. Pour Bayrou, les magistrats avaient estimé qu’aucune pièce ne démontrait qu’il avait demandé à des eurodéputés d’employer fictivement des assistants. Ils concédaient tout au plus qu’il était « très probable » que ces actes aient été commis avec son autorisation, sans preuve formelle.

Le parquet n’a pas lâché prise. Il soutient qu’environ 300 000 euros ont été détournés entre 2005 et 2017, à travers onze contrats d’assistants parlementaires. Parmi les mis en cause figurent Michel Mercier, ancien ministre de la Justice et trésorier du parti à l’époque, cinq anciens eurodéputés dont Jean-Luc Bennhamias, trois cadres et un assistant parlementaire. La défense, elle, compte sur la même démonstration qu’en première instance. Bayrou répète que le « système » qu’on lui reproche n’a jamais existé.

L’audience tombe un jour symbolique. Cela fait exactement un an que François Bayrou a quitté Matignon, après le refus de confiance de l’Assemblée nationale. Depuis, sa trajectoire politique s’est compliquée avec l’affaire Bétharram ou la perte de sa mairie de Pau. Ses lieutenants, comme Jean-Noël Barrot ou Marc Fesneau, regardent déjà vers l’avenir du MoDem. Lui a annoncé qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle de 2027. Mais sa réputation se joue peut-être plus que son avenir immédiat dans cette salle d’audience. Une nouvelle relaxe lui laisserait les mains libres pour peser dans le débat politique.

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