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Donald Trump joue son va-tout à Dallas pour tenter de sauver les républicains

Pour la première fois, le camp républicain organise une grande convention avant des élections de mi-mandat. Objectif affiché, transformer le scrutin en…

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Donald Trump joue son va-tout à Dallas pour tenter de sauver les républicains

Pour la première fois, le camp républicain organise une grande convention avant des élections de mi-mandat. Objectif affiché, transformer le scrutin en référendum sur Trump lui-même.

Dallas s’apprête à vivre deux jours inhabituels. Alors que les élections de mi-mandat approchent, Donald Trump réunit son camp dans la salle des Mavericks, mercredi et jeudi. Les républicains n’avaient jamais osé une telle démonstration de force avant ce type de scrutin. D’ordinaire, ces grands raouts sont réservés aux années de présidentielle, quand il s’agit de désigner un candidat. Cette fois, il s’agit de faire gagner le parti en s’appuyant sur la seule popularité du président, malgré des sondages très défavorables et une situation internationale compliquée.

Les pronostics sont mauvais pour la majorité. À moins de deux mois du vote, les démocrates semblent en mesure de rafler la majorité à la Chambre des représentants, qui doit être entièrement renouvelée. Le Sénat est plus incertain, mais une bascule est possible. Un tel basculement réduirait considérablement la marge de manœuvre de Donald Trump pour la fin de son mandat. Or sa popularité plafonne à des niveaux très bas, autour d’un tiers des sondés, selon les enquêtes récentes. Les tensions avec l’Iran restent dans l’impasse et les prix à la pompe flambent, un cocktail dangereux pour un parti qui espère mobiliser ses électeurs. Le président l’a dit lui-même lors d’un meeting, il veut que les gens votent comme si son nom figurait sur le bulletin. Une stratégie qui laisse sceptique plus d’un observateur. Dire aux électeurs de se déplacer pour un candidat imaginaire risque de ne pas suffire, sauf chez les plus fidèles. Pour être vraiment efficace, il aurait fallu que le président maintienne sa cote au-dessus de 40 %, expliquent les politologues. Quand on navigue entre 30 et 35 %, le parti est généralement entraîné dans la défaite.

La convention est pensée comme une grande vitrine. Des dizaines de prises de parole sont prévues chaque jour pour défendre le bilan de l’administration, des baisses d’impôts à la répression de l’immigration, en passant par les attaques contre les démocrates, jugés trop extrémistes. Plus d’une centaine de candidats et d’élus républicains ont annoncé leur présence. Mais beaucoup d’autres, surtout ceux qui mènent des campagnes serrées, vont briller par leur absence. Difficile de s’afficher aux côtés d’un président aussi clivant quand on essaie de séduire des électeurs indécis. Plus le temps passe, plus les candidats préfèrent arpenter leur circonscription plutôt que de défiler à Dallas. Même son vice-président JD Vance ou le chef des députés républicains Mike Johnson comprennent cet impératif, mais Donald Trump voit les choses autrement. Il promet de réserver la scène à ceux qui sont en difficulté, pour leur donner un coup de pouce. Parmi les proches attendus à la tribune figurent plusieurs ministres, une ancienne porte-parole de la Maison Blanche et l’un de ses fils.

L’événement a aussi une dimension financière. Prendre une photo aux côtés de Donald Trump se négocie autour de 90 000 dollars, et une place à une table ronde peut atteindre 250 000 dollars. De quoi remplir les caisses du parti. Reste un problème de taille, la concurrence du football américain. Les premiers matches de la saison se jouent précisément ces deux soirs-là, et la ligue attire des millions de téléspectateurs. La convention devra donc composer avec ce rendez-vous sportif pour capter l’attention des Américains. Le pari n’est pas gagné.

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