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Des drones à réaction sèment le trouble dans le ciel de Kiev

Ces engins volent plus haut et plus vite que tout ce que l’Ukraine a appris à abattre. La capitale subit une pression inédite et cherche encore la parade.

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Des drones à réaction sèment le trouble dans le ciel de Kiev

Ces engins volent plus haut et plus vite que tout ce que l’Ukraine a appris à abattre. La capitale subit une pression inédite et cherche encore la parade.

Depuis la fin août, les nuits et les journées de Kiev ont changé de visage. La Russie envoie contre la ville des drones à réaction capables de grimper à cinq kilomètres d’altitude et de foncer à 600 km/h. Fini le temps des appareils lents à hélices, dérivés des Shahed iraniens. Les nouveaux engins emportent jusqu’à 90 kilos d’explosifs et présentent des dimensions proches de celles d’un petit avion, six mètres de long pour cinq mètres et demi d’envergure. Autant de paramètres qui les rapprochent des missiles de croisière et les rendent beaucoup plus coriaces face aux défenses.

Pendant des mois, l’Ukraine faisait figure de référence mondiale dans la chasse aux drones. Des intercepteurs pilotés détruisaient en plein vol la grande majorité des appareils classiques, avec un taux de réussite supérieur à 90 %. Mais face aux modèles à réaction, ce taux chute à environ 60 %. Les ordres de grandeur donnent le tournis. La Russie a lancé quelques centaines de ces appareils en juin, puis 1 500 en juillet et 2 800 en août, selon des estimations ukrainiennes. Un expert militaire résume le choc. À ses yeux, ces machines anéantissent les progrès réalisés contre les drones ordinaires.

Les habitants de la capitale mesurent déjà les dégâts. Les alertes aériennes s’enchaînent parfois douze fois par jour, de jour comme de nuit. Les écoles passent à l’enseignement à distance, le métro réduit son service et les commerces ferment au premier signal. Le siège des services de sécurité ukrainiens, dans le centre historique, a lui aussi été touché en pleine journée par l’un de ces engins. La ville de trois millions d’habitants manque d’abris, et les autorités ont dû assouplir les protocoles pour empêcher l’arrêt complet de la vie économique. Un assouplissement rare, qui en dit long sur la tension.

Kiev doit maintenant trouver une riposte dans l’urgence. La Russie aurait lancé la production de ces drones il y a dix-huit mois et serait capable d’en fabriquer 3 000 par mois. Sur le terrain, 90 % des impacts sont attribués à ces appareils à réaction. Volodymyr Zelensky a réuni son cabinet militaire pour accélérer la mise au point d’intercepteurs plus rapides. Des prototypes existent déjà, mais les industriels restent discrets sur les délais. Selon un spécialiste, une réponse efficace devra associer aviation, systèmes sol-air, brouillage et frappes sur les sites de fabrication et de lancement russes. Il prévient que Moscou a pris une avance dans ce cycle technologique. Et dans ce genre de course, il faut souvent jusqu’à six mois pour rééquilibrer le rapport de force. En attendant, les drones russes gardent l’avantage dans le ciel ukrainien.

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