Europe
Quand Bruxelles veut donner aux villes les armes pour limiter Airbnb
Face à la flambée des loyers, l’Union européenne prépare un plan concret pour aider les collectivités à restreindre les locations de courte durée.…


Face à la flambée des loyers, l’Union européenne prépare un plan concret pour aider les collectivités à restreindre les locations de courte durée. Objectif, rendre aux habitants des zones touristiques la possibilité de se loger.
C’est une petite révolution pour Bruxelles. Le logement ne fait normalement pas partie des compétences de l’Union européenne, mais la crise est telle que la Commission a décidé de s’en mêler. Ursula von der Leyen, sa présidente, a fait de cette situation une priorité absolue. Elle l’a dit avec des mots simples, des soignants, des professeurs ou des pompiers qui ne peuvent plus se permettre de vivre où ils travaillent, des étudiants qui renoncent à leurs études parce que le loyer est trop lourd. Le plan qui doit être dévoilé mercredi vise à donner un cadre juridique solide aux villes qui veulent agir.
Aujourd’hui, quand une municipalité tente de limiter les locations type Airbnb, elle se heurte souvent aux tribunaux. Les plateformes et les propriétaires attaquent, et beaucoup de collectivités finissent par renoncer, faute d’une base légale claire. Le texte européen doit changer la donne. Il préciserait dans quelles conditions une ville peut restreindre l’accès aux locations de courte durée, sans violer les règles du marché unique. Les zones qualifiées de sous tension immobilière seraient concernées, un statut défini par des critères comme l’écart entre les prix des logements et les revenus des habitants. Une mesure importante est prévue dans ce texte, les propriétaires qui louent leur résidence principale pendant quelques jours ne seraient pas visés.
Ces locations touristiques représentent à peine 1,2% du parc immobilier européen, mais dans certains quartiers très prisés, leur part peut grimper jusqu’à 20%. Et sur les quinze dernières années, le prix des logements a bondi de 60% pendant que les loyers augmentaient de près de 30%. La construction insuffisante est le principal moteur de cette crise, mais la location courte durée ajoute une pression supplémentaire dans les endroits les plus visités. Les plateformes, elles, contestent cette analyse. Airbnb répète que la solution passe par plus d’offre de logements, et le lobby des plateformes en ligne rappelle que des villes comme Lisbonne ont vu leurs loyers continuer à monter malgré les restrictions, au point que la capitale portugaise a dû assouplir certaines de ses règles. Reste à voir si le texte européen tiendra compte de ces critiques tout en donnant aux villes une marge de manœuvre réelle.
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