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Un juge de la Cour suprême suspend le chef de la police fédérale et attise la crise au Brésil

La mesure tombe à quelques semaines de la présidentielle brésilienne. Le camp Lula promet de la contester, l’opposition l’applaudit.

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Un juge de la Cour suprême suspend le chef de la police fédérale et attise la crise au Brésil

La mesure tombe à quelques semaines de la présidentielle brésilienne. Le camp Lula promet de la contester, l’opposition l’applaudit.

Le Brésil vient de basculer dans une nouvelle crise politique. André Mendonça, juge de la Cour suprême, a décidé d’écarter provisoirement le directeur général de la Police fédérale, Andrei Rodrigues. Le chef du renseignement de la police est également mis de côté. Le magistrat leur reproche d’avoir surveillé illégalement son travail et d’avoir produit des rapports anonymes, sans aucune rigueur technique. Pour décrire la situation, il a évoqué une dérive digne du roman 1984 de George Orwell.

Cette affaire tombe au pire moment. Le président sortant Lula, 80 ans, brigue un nouveau mandat face à Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro. L’élection s’annonce disputée et la décision du juge ravive les tensions. Le gouvernement promet de réagir. Un recours doit être déposé par l’instance publique chargée de protéger les intérêts juridiques de l’État.

Pour comprendre l’affrontement, il faut revenir au dossier Banco Master. Le banquier Daniel Vorcaro y est accusé d’avoir monté une fraude financière colossale. Peu avant son arrestation, il aurait cherché de l’aide auprès d’Alexandre de Moraes, autre juge de la Cour suprême. Son objectif était de ralentir l’enquête qui le visait. André Mendonça, chargé du dossier, a rendu public le rapport qui dévoile ces échanges. Or Alexandre de Moraes est un magistrat très engagé contre l’extrême droite. C’est lui qui a piloté le procès de Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Après ces révélations, Moraes a accusé son collègue d’abus d’autorité. Mendonça a riposté avec cette suspension musclée.

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Flavio Bolsonaro y voit le retour d’une police indépendante, capable de poursuivre les délinquants sans se plier aux ordres de Lula. Sur le réseau X, il s’est félicité d’une police fédérale qui peut enfin traquer les criminels au lieu des adversaires politiques du président. À l’inverse, Marco Aurélio de Carvalho, coordinateur de la campagne de Lula dans l’État de São Paulo, dénonce une « crise institutionnelle sans précédent ». Il s’inquiète de voir des intérêts politico-électoraux prendre le contrôle des institutions. La droite, qui soutient Mendonça, le voit comme son champion. La gauche défend Moraes comme un rempart contre le bolsonarisme.

Dans la Police fédérale, la révolte couve. Le numéro deux par intérim, William Murad, affiche son soutien total à Andrei Rodrigues. Onze responsables de divisions importantes ont proposé leur démission pour protester contre cette mise à l’écart. Tous dénoncent des décisions guidées par la politique plutôt que par la justice. Le feuilleton est loin d’être terminé. Il encombre la campagne et pourrait peser sur le résultat final.

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