Économie
Le pétrole dépasse les 100 dollars, le Moyen-Orient s’enflamme et les prix suivent
Les cours du brut ont grimpé après de nouvelles attaques contre des sites saoudiens. Le seuil des 100 dollars est franchi, preuve que les craintes sur…

Les cours du brut ont grimpé après de nouvelles attaques contre des sites saoudiens. Le seuil des 100 dollars est franchi, preuve que les craintes sur l’approvisionnement ne retombent pas.
Le seuil symbolique a été franchi, même s’il n’a pas tenu longtemps. Mercredi, le baril de Brent a atteint 100,19 dollars, du jamais-vu depuis le 24 juillet. Il s’échangeait encore autour de 99,93 dollars un peu plus tard, en hausse de plus de 2%. Le brut américain WTI a également progressé, gagnant 1,60% à 94,52 dollars.
Cette flambée n’a rien d’un hasard. Les prix ont bondi d’un quart en un mois. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’enlise depuis six mois, et les espoirs d’une issue diplomatique s’effondrent. Depuis le début de la guerre le 28 février, le baril avait déjà connu un pic à 126,41 dollars fin avril. Cette semaine, des attaques soutenues par Téhéran ont visé des installations énergétiques saoudiennes, provoquant des incendies sur des sites pétroliers. L’idée d’une extension du conflit à toute la région ne semble plus irréaliste.
Les routes maritimes sont en première ligne. Le détroit d’Ormuz, passage crucial pour le pétrole mondial, voit ses flux diminuer depuis le début des hostilités. La mer Rouge, souvent utilisée comme alternative, est elle aussi menacée. Pour éviter les zones dangereuses, des pétroliers se transfèrent leur cargaison en pleine mer, notamment dans le golfe d’Oman. Mais ce stratagème a ses limites. Les volumes qui passaient par cette région oscillaient entre 8 et 9 millions de barils par jour fin août. Ils sont depuis retombés sous les 2 millions.
De nombreuses banques, dont Goldman Sachs, Bank of America et HSBC, ont revu leurs prévisions à la hausse. Des experts y voient un mouvement durable, pas un simple accident. Ils parlent d’une prime de sécurité, un supplément de prix lié aux risques géopolitiques, qui ne va pas disparaître rapidement.
L’offre mondiale, elle, ne suit pas. L’Agence internationale de l’énergie table sur un recul de 4,3 millions de barils par jour cette année, environ 4% de la production planétaire. Les pays hors OPEP comme les États-Unis, le Canada ou la Guyane pompent davantage, mais cela ne suffit pas à combler les pertes. Le pétrole reste suspendu aux évolutions du conflit. Et tant que la guerre fait rage, les prix pourraient continuer de grimper.
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