Société
Un enfant prématuré sur six garde des difficultés à dix ans
La majorité des enfants nés prématurés grandissent en bonne santé, mais tous ne s’en sortent pas sans difficultés. Une vaste étude française montre qu’à…


La majorité des enfants nés prématurés grandissent en bonne santé, mais tous ne s’en sortent pas sans difficultés. Une vaste étude française montre qu’à dix ans, une part importante d’entre eux garde des problèmes de comportement, de scolarité et de vie sociale.
Chaque année en France, environ 7 % des bébés voient le jour avant huit mois et demi de grossesse. Une arrivée trop précoce qui bouscule évidemment les premières semaines de vie. Mais les effets ne s’arrêtent pas là. Une vaste étude menée par des chercheurs de l’Inserm s’est demandé ce que devenaient ces enfants une fois qu’ils soufflaient leurs dix bougies, en interrogeant les parents sur leur santé, leur comportement, leur parcours scolaire et leur vie sociale.
Le bilan est contrasté. La plupart de ces enfants se portent bien. Mais une proportion non négligeable continue de faire face à des obstacles. Les difficultés comportementales, qu’il s’agisse de gérer ses émotions ou de se concentrer, concernent 16 % des enfants nés prématurés, contre 12 % de ceux nés à terme. Chez les plus extrêmes, nés entre 24 et 26 semaines, près de la moitié a besoin d’au moins un soin lié à son développement, comme de l’orthophonie, de la psychomotricité ou un accompagnement psychologique. Chez les prématurés modérés, nés entre 32 et 34 semaines, c’est presque un sur trois. Autrement dit, plus la naissance est précoce, plus les répercussions sont marquées.
L’école joue le rôle de révélateur. Près d’un quart de ces enfants bénéficie d’un accompagnement spécifique, un taux presque deux fois supérieur à celui des enfants nés à terme. Ils redoublent aussi plus souvent. Et leur vie sociale s’en ressent. Ils sont moins nombreux à faire du sport, à fêter leur anniversaire avec des copains ou à être invités à une soirée pyjama. Des petits écarts qui racontent de grandes différences.
Pour les familles, le quotidien peut vite devenir un parcours semé d’embûches. Les restes à charge liés aux soins peuvent faire basculer un foyer dans la précarité, et l’accès aux structures spécialisées varie fortement selon les régions. Attendre treize mois pour décrocher un rendez-vous dans un centre d’action médico-sociale précoce, c’est une réalité pour certains parents, souvent les plus fragiles. La prématurité ne s’arrête pas à la sortie de l’hôpital. Elle agit comme un effet domino qui se répercute sur toute la famille.
Face à ce constat, le suivi personnalisé apparaît comme une piste incontournable. Il est aujourd’hui préconisé jusqu’à sept ans, mais il dépend des régions et des moyens disponibles, et il laisse de côté les prématurés modérés. Les chercheurs tiennent toutefois à nuancer. La prématurité n’explique pas tout, l’environnement social et la précarité pèsent lourd dans la balance. Et pour comprendre les enfants qui naissent aujourd’hui, de nouveaux travaux seront nécessaires, car la société, la médecine et le contexte familial ne cessent d’évoluer.
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