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Le Maroc en campagne, le gouvernement sortant face à l’épreuve des inégalités

Jeudi, la course aux législatives s’ouvre avec une coalition au pouvoir qui joue sa légitimité dans un pays marqué par de profondes fractures. Près de 16…

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Le Maroc en campagne, le gouvernement sortant face à l’épreuve des inégalités

Jeudi, la course aux législatives s’ouvre avec une coalition au pouvoir qui joue sa légitimité dans un pays marqué par de profondes fractures. Près de 16 millions d’électeurs devront choisir leurs représentants pour les cinq prochaines années.

Au Maroc, la campagne pour les élections législatives du 23 septembre démarre officiellement ce jeudi. Les partis politiques lancent leur offensive sur les réseaux sociaux pour convaincre un électorat nombreux mais de plus en plus distant. Il faudra désigner les 395 députés de la Chambre des représentants, avec un corps électoral de près de 16 millions de personnes, dont 46% de femmes. Sur le papier, ce scrutin ressemble à un test grandeur nature pour le gouvernement mené par l’homme d’affaires Aziz Akhannouch. Arrivé au pouvoir il y a cinq ans, il espère conserver la première place et garder la direction du pays.

Derrière les affiches et les discours, le malaise occupe tout le terrain. Les inégalités sociales et territoriales restent vives, et le chômage frappe en premier lieu les jeunes. Jusqu’au roi Mohammed VI a dénoncé un développement à deux vitesses. L’été a encore ravivé cette réalité avec l’arrivée de dizaines de milliers de migrants vers l’enclave espagnole de Ceuta, en majorité des Marocains. Ces scènes ont rappelé que la crise sociale ne se laisse pas enfermer dans des statistiques. Plus tôt, les mobilisations du collectif de jeunes GenZ 212 avaient aussi montré la colère d’une partie de la jeunesse. Son premier anniversaire tombera quatre jours après le vote, un symbole qui ne passe pas inaperçu.

Cette jeunesse s’éloigne pourtant des urnes. Les 18-24 ans ne pèsent que 3% des inscrits, une désaffection qui dit beaucoup de la défiance envers le jeu politique classique. Le Parti de la justice et du développement, formation islamiste conservatrice dirigée par Abdelilah Benkirane, espère bien tirer son épingle du jeu en misant sur la lutte contre la corruption. Le parti veut se refaire après sa déroute électorale de 2021. Mais les programmes présentés peinent à convaincre. Ils promettent monts et merveilles sur le plan social et économique, sans toujours préciser comment financer ces engagements. Certains analystes décrivent même ce scrutin comme une simple mise en scène, un concours de notables où les idées de fond manquent cruellement.

Le parti de l’ex-Premier ministre n’est pas le seul à vouloir peser. Le Rassemblement national des indépendants cherche à garder son rang de première force politique, malgré le retrait d’Aziz Akhannouch de la direction du parti. Le Parti authenticité et modernité, lui, rêve de lui ravir la première place. Il s’appuie notamment sur Fouzi Lekjaa, ministre du Budget et figure connue du football marocain, dont la popularité a grandi avec la préparation du Mondial 2030 organisé avec l’Espagne et le Portugal. Enfin, le Parti de l’Istiqlal, formation historique très enracinée dans le pays, tente de bousculer ce face-à-face. Au Maroc, celui qui arrive en tête gagne le droit de former le gouvernement. De quoi rendre ce rendez-vous électoral particulièrement décisif.

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