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La guerre du Yémen s’embrase sous une pluie de bombes saoudiennes

Les rebelles houthis disent avoir subi plus de cinquante frappes aériennes en quelques heures. Le pays replonge dans un conflit meurtrier qui menace toute…

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La guerre du Yémen s’embrase sous une pluie de bombes saoudiennes

Les rebelles houthis disent avoir subi plus de cinquante frappes aériennes en quelques heures. Le pays replonge dans un conflit meurtrier qui menace toute la région.

Les frappes ont touché cinq provinces différentes, d’Al-Jawf à Saada en passant par la ville portuaire de Hodeida. Selon le porte-parole des rebelles, l’aviation saoudienne a mené 54 bombardements en douze heures. Ryad n’a pas réagi immédiatement à ces accusations, mais le royaume avait déjà prévenu qu’il userait de tous les moyens pour protéger son territoire. La veille, une salve d’attaques houthies avait fait 73 blessés en Arabie saoudite et forcé plusieurs installations pétrolières à s’arrêter. Une alerte a même été déclenchée brièvement près de la frontière, dans la région de Khamis Mushait.

Le conflit yéménite, qui oppose les Houthis aux forces gouvernementales soutenues par Ryad, semblait gelé depuis 2022. Il est reparti de plus belle en juillet, quand les rebelles ont autorisé un avion iranien à se poser au Yémen, défiant le contrôle saoudien sur l’espace aérien. Le gouvernement internationalement reconnu a répondu en bombardant l’aéroport, une attaque attribuée à son allié saoudien. Depuis, les Houthis visent des sites militaires et les zones sous contrôle gouvernemental. La semaine dernière, ils ont lancé une offensive majeure vers le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, ce passage vital entre la mer Rouge et le canal de Suez. Un axe devenu encore plus sensible depuis que l’Iran a verrouillé le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique.

Les combats ont déjà fait plus de 500 morts en quelques jours, en majorité des combattants des deux bords. Des civils fuient les affrontements, comme Mohamed Khudairi, qui a trouvé refuge avec des milliers d’autres dans un camp près de Kokha, sur la côte de la mer Rouge. Il raconte être parti à temps, mais savoir que d’autres sont restés piégés. La ville de Hodeida, tenue par les Houthis, pourrait devenir l’objectif final des forces gouvernementales. Elle est cruciale pour l’acheminement de biens civils et d’armes vers les rebelles, et sa perte serait un coup très dur pour eux. Les Houthis ont aussi annoncé un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, et pris pour cible des pétroliers et des infrastructures énergétiques. L’Union européenne dénonce une escalade dangereuse et appelle les rebelles à cesser toutes leurs attaques, à l’intérieur comme à l’extérieur du Yémen.

Ce pays, déjà ravagé par des années de guerre et l’une des pires crises humanitaires de la planète, se retrouve une nouvelle fois au cœur des tensions régionales. L’offensive américano-israélienne contre l’Iran, lancée fin février, a fini par faire basculer le Yémen dans le chaos. Les combattants yéménites paient le prix d’un conflit qui les dépasse, et les civils encore plus. La communauté internationale semble impuissante face à cette spirale qui ne faiblit pas.

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