Culture
Barbara Butch ne jouera pas à Amiens, la salle cède à un appel au boycott
La Lune des Pirates a annulé la soirée du 19 septembre où devait se produire la DJ. L’association France-Palestine Solidarité, à l’origine du boycott…

La Lune des Pirates a annulé la soirée du 19 septembre où devait se produire la DJ. L’association France-Palestine Solidarité, à l’origine du boycott, crie victoire.
La Lune des Pirates, salle associative d’Amiens, a jeté l’éponge. La soirée du 19 septembre, prévue pour inaugurer sa nouvelle salle, devait aussi servir d’écrin à Barbara Butch et deux autres artistes. Elle est annulée. Les organisateurs expliquent que les conditions de sécurité et d’accueil du public ne sont plus réunies. Un appel au boycott de France-Palestine Solidarité a pesé jusqu’au bout.
Sur Instagram, l’association parle d’une victoire et se réjouit que le concert soit empêché. Pour les soutiens de la DJ, ces mobilisations ne sont qu’un faux-nez. Ils y voient une offensive antisémite contre une artiste juive, déjà prise pour cible à de multiples reprises.
Le maire socialiste d’Amiens, Frédéric Fauvet, assume une décision difficile. Selon lui, la configuration du lieu ne permettait pas d’assurer la sécurité de l’événement. Mais dans le camp politique, l’annulation passe mal. Aurore Bergé, ministre déléguée à la lutte contre les discriminations, dénonce un acte de lâcheté. Xavier Bertrand refuse d’accepter que des opinions ou une religion écartent un artiste de la scène. Sébastien Chenu évoque une capitulation devant la meute du boycott. Yonathan Arfi, à la tête du Crif, demande à l’État d’intervenir pour que le concert puisse se tenir.
Barbara Butch avait déjà vécu une interruption brutale à Grenoble en juillet. Son concert avait été stoppé par des jets de projectiles. Depuis la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, elle subit des attaques sur son poids et son orientation sexuelle. Ses détracteurs lui reprochent sa présence à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël et une tribune contre l’antisémitisme. Le gouvernement avait annoncé des mesures après Grenoble pour défendre la liberté de création. L’annulation amiénoise montre que les pressions restent fortes.
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