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L’Amérique vient de traverser l’été le plus chaud jamais enregistré

La température moyenne a atteint 23,6°C de juin à août, un cran au-dessus du record de 1936. Derrière ce chiffre, des nuits trop chaudes portent la marque…

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L'Amérique vient de traverser l'été le plus chaud jamais enregistré

La température moyenne a atteint 23,6°C de juin à août, un cran au-dessus du record de 1936. Derrière ce chiffre, des nuits trop chaudes portent la marque du réchauffement climatique.

Le thermomètre américain n’était jamais monté aussi haut pour un été. Les données de l’agence NOAA montrent une température moyenne de 23,6°C entre juin et août. C’est 0,2°C de plus que le précédent record, établi en 1936 et égalé en 2021. Le mois de juillet avait déjà battu son propre record. Août vient de faire pareil. Ces mesures n’incluent ni l’Alaska ni Hawaï. Et quatre des étés les plus chauds depuis le début des relevés se sont produits au cours des cinq dernières années.

Cette fois, ce n’est pas la chaleur du jour qui a fait la différence. Le record de 1936 était né lors des grandes chaleurs diurnes du dust bowl, ces tempêtes de poussière des années 1930. Cette année, les nuits ont joué le premier rôle. Karin Gleason, météorologue à la NOAA, explique que les températures minimales sont restées très hautes. Avec davantage d’humidité dans l’air, la baisse des températures pendant la nuit est moins forte. C’est un effet connu du réchauffement provoqué par les activités humaines et la combustion des énergies fossiles.

Les conséquences dépassent largement le thermomètre. Les États-Unis, premier émetteur historique de gaz à effet de serre, ont connu leur deuxième printemps le plus chaud. Les précipitations manquent. Au 1er septembre, près de 60% du territoire était en sécheresse. Les deux plus grands lacs artificiels du pays affichent leur plus bas niveau jamais observé, tous les deux en août.

Les climatologues ne cachent pas leur inquiétude, mais ils ne sont pas surpris. Andrew Dessler, de l’université Texas A&M, rappelle que ces scénarios étaient annoncés depuis des décennies. Zeke Hausfather, de Berkeley Earth, insiste sur les répercussions concrètes. Stress thermique pour les populations, hausse de la demande d’électricité pour la climatisation, pression sur les hôpitaux et les infrastructures. Michael Mann, de l’université de Pennsylvanie, ajoute qu’il existe une issue. Le réchauffement s’arrêtera, dit-il, une fois les émissions de carbone ramenées à zéro. Les technologies propres sont déjà disponibles, il manque la volonté politique.

Un autre facteur pourrait encore tout amplifier. El Niño poursuit son renforcement dans l’océan Pacifique équatorial. Son pic est prévu vers la fin de l’année, et il pourrait devenir l’un des plus puissants jamais constatés. Les météorologues redoutent des conditions extrêmes sur toute la planète. L’Amérique centrale est déjà frappée par la sécheresse, tandis que l’Europe a connu des niveaux de chaleur records cet été. La situation reste sous pression, mais des solutions existent encore pour empêcher qu’elle ne s’aggrave.

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